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octobre 2010 | n° 286
L’homosexualité à l’épreuve des cultures
Aborder l’homosexualité c’est croiser des questions sur l’orientation sexuelle, les identités de genre, et les cultures. C’est aussi entendre des LGB victimes de stigmatisations plurielles : homophobie, racisme, islamophobie. Autant de raisons pour être mieux à l’écoute.

Sommaire
[Édito] L’homosexualité à l’épreuve des cultures
Nathalie Caprioli
LGB. Par ces trois initiales encore peu connues, nous entrons dans le vécu de Lesbiennes Gays et Bisexuels. Un vécu qui n’est pas toujours rose. Pas seulement à cause des jeux de mots bébêtes (comme celui ci avant) et des blagues graveleuses, mais surtout en raison des rejets, stigmatisations, discriminations et violences.
L’homophobie : comment la contrer ?
Daniel Borrillo
 "Vice italien", "mœurs arabes", ou encore "vice grec", l’homosexualité est forcément un mal venu d’ailleurs. À l’instar du racisme, de la xénophobie, l’homophobie résulte d’une impossibilité d’accepter et de respecter la différence. Comment la nommer? Comment la contrer?
Que sait-on des lesbiennes et homosexuels ouvriers ?
Nathalie Caprioli
Parce que les recherches sur la discrimination des LGB sur le lieu de travail se penchaient peu sur la catégorie des ouvriers, le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme a commandité une étude exploratoire à l’Université catholique de Louvain (KUL). Quelques lignes de force des observations et recommandations.
De la difficulté à révéler l’intime
Entretien avec Daniel Huygens
Pour convaincre de sa bonne foi, le demandeur d’asile homosexuel doit étayer son dossier sur un témoignage intime. Un exercice loin d’être évident. Daniel Huygens, accompagnateur social au Petit Château et président de la Maison Arc-en-ciel de Bruxelles, décrit deux projets d’accompagnement où les victimes trouvent informations et réconfort.
Comme une plante exotique
Entretien avec Deniz
"On ne veut pas me connaître en tant qu’ami. Je suis comme un objet, comme une plante exotique qu’on observe." Deniz est arrivé à Bruxelles il y a plus de sept ans, fuyant l’homophobie d’Istanbul. Ici, il se sent seul, "abandonné par ma communauté parce que je suis homo, par les Belges parce que je suis turc, même par les homos parce que je suis croyant".
Sensualités d’antan dans la poésie arabe
Loubna Ben Yaacoub
Quiconque s'est engagé dans la lecture des Mille et Une Nuits (plus particulièrement dans les traductions de Burton ou Madrus) ou dans d’autres œuvres de la poésie arabe classique, a pu s'étonner de l'érotisme débordant de ces textes et des références explicites au désir homosexuel. Jusqu'à la moitié du 19e siècle, la production littéraire semble offrir aux auteurs arabes une grande liberté d'expression pour ce qui concerne les plaisirs charnels et une certaine tolérance dans le traitement de la sensualité homosexuelle masculine.
De la difficulté à révéler l’intime
Entretien avec Daniel Huygens
Pour convaincre de sa bonne foi, le demandeur d’asile homosexuel doit étayer son dossier sur un témoignage intime. Un exercice loin d’être évident. Daniel Huygens, accompagnateur social au Petit Château et président de la Maison Arc-en-ciel de Bruxelles, décrit deux projets d’accompagnement où les victimes trouvent informations et réconfort.
Double vie, triple ségrégation
Entretien avec Saïd et Catherine, de Merhaba
Certain-es homosexuel-les subissent des stigmatisations plurielles, liées non seulement à l’orientation sexuelle, mais aussi à l’origine, à la religion, au genre. L’association Merhaba, qui signifie bienvenue en arabe comme en turc, aide une centaine de ces personnes par an. Elle organise en outre des activités, des rencontres, et des formations sur le genre et l’orientation sexuelle en contexte interculturel. Le tour de ce travail pionnier avec Saïd, président de l’asbl depuis 2006, et Catherine, coordinatrice de projets depuis 2007.
[Réfugiés] La protection subsidiaire, un « sous-asile »?
Céline Remy
La nouvelle forme de protection internationale, adoptée par l'Union européenne, est destinée à certains demandeurs d'asile à qui l'État n'accorde pas le statut de réfugié. Après quatre ans d’application en Belgique, quels constats tirer? La protection subsidiaire sert-elle d'outil de dumping social pour réfugiés ou permet-elle d'élargir le droit d'asile?
Belgique, une success story?
David Paternotte
En dix ans, la Belgique s’est hissée au sommet des pays défenseurs des droits des homosexuel-le-s et des bisexuel-le-s. Ces avancées, inattendues, sont souvent expliquées par la force et l’efficacité du mouvement LGB [1]. Si les militants homosexuels ont effectivement su se faire entendre au cours des dernières années, les résultats engrangés ne résultent toutefois pas uniquement de leurs actions. Leurs succès doivent être replacés dans un cadre plus vaste qui tient compte de conditions extérieures au mouvement. Préalablement, deux remarques doivent être rappelées.
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