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Février 2013 | n° 310
Ça passe ou ça casse ?
Partant qu’un fait (la multiculturalité) ne peut ni réussir ni rater, nous avons voulu faire le point sur les enjeux des débats autour d’une nouvelle cohésion sociale dans nos sociétés plurielles modernes, débats où règnent confusions et batailles sur les termes "multiculturalisme", "multiculturel", "interculturel"… D’où notre souci de contribuer ici à défricher les termes et à débusquer les idéologies et les points de vue sous-jacents.

Sommaire
[Édito] Ça passe ou ça casse ?
Christine Kulakowski
En octobre 2010, la chancelière allemande Angela Merkel annonça devant les jeunesses de son parti son constat de "l’échec total du multiculturalisme", propos suivis depuis par d’autres dirigeants européens.
De l’autre côté de "l’échec"
Marc André
"- Quand j’emploie un mot, dit Humpty Dumpty avec un certain mépris, il signifie ce que je veux qu’il signifie.
- La question est de savoir, dit Alice, si vous pouvez faire que les mêmes mots signifient tant de choses différentes.
- La question est de savoir, dit Humpty Dumpty, qui est le maître, c’est tout."
Lewis Carroll, "De l’autre côté du miroir"
Derrière le débat idéologique, l’argent public ?
Entretien avec Marco Martiniello
Discréditer les politiques de la diversité culturelle, n’est-ce pas là un moyen détourné de l’Etat de justifier une réduction des dépenses publiques, à l’heure où l’austérité semble incontournable ? Marco Martiniello, directeur du CEDEM et défenseur du multiculturalisme, pose la question.
Un certain air de déjà-vu...
Alain Brossat
On est frappé aujourd’hui par la façon dont l’islamophobie de gouvernement emprunte son langage, ses fantasmagories et ses obsessions au discours antisémite des années 1930 et à l’abandon des Juifs par les puissances occidentales lorsque l’extermination nazie battait son plein. Réflexions sur les discours et les imaginaires collectifs.
 
Lisez la réaction de Joël Kotek, directeur de publication de Regards (revue juive de Belgique éditée par le CCLJ), à l’article d’Alain Brossat.
Sur le site du CCLJ : http://www.cclj.be/article/4224
L’idéologie contre la subjectivité
Alexandre Ansay
Depuis sa parution il y a cinq ans, nombreux sont les penseurs qui se réfèrent à l’ouvrage de Walter Ben Michaels "La diversité contre l’égalité" pour dénoncer les manœuvres politiques visant à situer les conflits centraux de nos sociétés sur des enjeux sociétaux (les identités, les différences) plutôt que sociaux (la lutte contre les inégalités sociales et économiques). D’autres s’appuient sur son argumentaire pour mettre en procès le multiculturalisme, les politiques de la reconnaissance et l’approche interculturelle, auxquels il est reproché de surinvestir les attentes identitaires, celles-ci n’aboutissant en fin de compte qu’à la production de consciences malheureuses, incapables d’agir sur des enjeux qui transcendent leurs particularismes.
Le label diversité en RH, quel impact ?
Alexandre Soudans
Quand la politique de ressources humaines tient compte des enjeux du multiculturalisme et de la diversité, un pan de la société peut avancer d’un pas vers le respect de la différence. Démonstration avec une étude comparée de la gestion de la diversité culturelle du personnel infirmier au sein d’un hôpital labellisé diversité, et d’un autre non labellisé à Bruxelles.
Quelle cohésion sociale. En amont des débats sur le multiculturalisme et sur l’identité
Felice Dassetto
Les débats autour de l’immigration et du multiculturalisme ont souvent quelques difficultés à se formuler au delà de polémiques parfois rapidement énoncées. Il en fut de même pour le débat lancé par Nicolas Sarkozy au sujet de l’identité nationale, relayé maladroitement par le ministre de l’Immigration Eric Besson. Ou bien par les propos d’Angela Merkel concernant l’échec du multiculturalisme. Ou les débats flamands sur l’inburgering (intégration civique). Ces propos, comme souvent ceux véhiculés par la presse ou les forums, sont tenus dans l’urgence, dans l’émotion et, on pourrait dire, "ayant le nez dans le guidon". Pourtant, en amont, ils énoncent des questions importantes que toute société doit se poser, et pas seulement par rapport aux nouveaux venus. A savoir : la question de la cohésion sociale.
[C’était au temps…] Une minorité invisible. Les Italiens à Molenbeek (1947-1980)
Claire Renaudin
Aujourd’hui, l’image de Molenbeek-Saint-Jean est souvent liée à la communauté marocaine installée en nombre sur ce territoire communal. Cette présence se répercute dans les appellations données à la commune : certains parlent de Maroc-beek 1. Avant l’arrivée des étrangers d’origine arabe, Molenbeek a pourtant enregistré d’autres vagues d’immigration, notamment des Italiens. En effet, si l’immigration italienne dans les mines reste sur le plan numérique la plus importante qu’ait connue la Belgique, c’est oublier qu’une immigration urbaine plus récente et moins connue a vu des Italiens arriver à Bruxelles à partir de la fin des années 1950.
[Bon tuyau] Le guide des salles à louer
La rédactions
Spectacles, répétitions, repas, cocktails, ateliers créatifs, formations, réunions, soirées, événements culturels: le guide 2012 des salles à louer en Région bruxelloise compte 200 pages de bonnes adresses.