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Avril 2013 | n° 312
Évasion par le haut
Nous avons pris l’habitude de ces gros titres dans la presse à propos des problèmes récurrents dans les prisons belges : surpopulation, usage de drogues, violence, évasions, insalubrité, grève du personnel… Par contre, nous entendons peu parler de la politique de formation, à la fois du personnel pénitentiaire et des détenu-e-s. Les moyens manquent alors que les besoins sont immenses. Notre société mesure-t-elle l’impact de cet échec du dispositif d’accompagnement ?

Sommaire
[Édito] Évasion par le haut
Nathalie Caprioli
"La prison d’Andenne inquiète l’Europe" ; "Le chaos s’aggrave" ; "13 suicides en 2012". Nous avons pris l’habitude de ces gros titres dans la presse à propos des problèmes récurrents qui secouent les prisons belges : surpopulation (plus de 11 000 détenus pour 9 000 places en 2012), usage de drogues, violence, évasions, insalubrité, grève du personnel…
Degré zéro de la formation ?
Entretien avec Philippe Mary
Philippe Mary, professeur de criminologie à l’ULB, dresse un état des lieux des formations prévues pour les détenus et les agents pénitentiaires. Malgré les efforts accomplis, il reste encore des décisions politiques à prendre et des moyens à octroyer. Sans quoi la prison restera en échec dans sa mission de réinsertion sociale.
Parking
Entretien avec Didier Simon
Le centre pénitentiaire école de Marneffe est une prison ouverte où quelque 150 détenus, souvent en fin de peine, travaillent notamment dans des ateliers de formation professionnelle. Sur le même site, l’ancien château héberge depuis six ans le CFPP, Centre de formation du personnel pénitentiaire. Les nouveaux agents recrutés y reçoivent une instruction initiale obligatoire d’un an organisée avec six mois de formation en alternance entre le CFPP et des stages de terrain, et six mois de stage en établissement, tandis que les anciens peuvent se porter volontaires pour suivre des formations continues à la carte. Rencontre avec Didier Simon, assistant pénitentiaire en chef qui œuvre au CFPP depuis sa fondation.
L’imam ombudsman
Nathalie Caprioli
Des détenus musulmans essayent parfois de se cacher derrière la religion pour formuler des exigences qui n’ont rien à voir avec l’islam. Comment réagir, que leur répondre ?...Qu’ils soient agents de surveillance pénitentiaire, assistantes sociales ou psychologues, ils peuvent s’inscrire à la formation sur les fondements de l’islam pour acquérir ou renforcer des connaissances théoriques sur le fait religieux et sur les pratiques de l’islam. Trois journées pour faire le tour des questions avec des formateurs du CBAI et un imam aumônier de prison.
De l'Ombre ou de la Lumière…
Jamila Zekhnini
Lequel des deux nous éclaire ? Paroles de la célèbre chanson de Calogero, celles-ci résument de manière essentielle la dynamique de l’existence humaine. En condition de détention, comment aller de l’avant quand la seule image reflétée est celle de la laideur ? L’art peut-il venir au secours de l’âme ? "Ombre et Lumières" est un documentaire qui éclaire la question. Il nous entraîne dans les couloirs de la prison de Lantin, le plus grand établissement du pays. Un atelier théâtre est proposé aux détenus et en constitue l’objet central. L'aboutissement matériel de ce travail, ce sont quatre représentations et un film documentaire.
Le détenu, le chercheur et l’artiste
Baptiste De Reymaeker
Que vaut la parole d’un détenu ? Que viennent faire le chercheur et l’artiste en prison ? Par-delà leur bonne volonté ou leur empathie, comment instituer une rencontre et une qualité d’écoute d’égal à égal en milieu carcéral ? Quelques questions pertinentes de méthode.
Où le verbe enseigner prend un nouveau sens
Françoise Leclerc du Sablon
Institutrice depuis 1973, enseignante spécialisée en Français Langue Étrangère auprès de migrants, adultes et enfants, formatrice à l’École normale, j'ai travaillé à l'animation de la Lutte Contre l'Illettrisme en Bourgogne, avant d'enseigner dans des maisons d'arrêt du Nord pour des personnes détenues non francophones ou en situation d'illettrisme, particulièrement des femmes.
L’assistance morale laïque en prison
Cécile Dethier
La Fondation pour l’assistance morale aux détenus (FAMD), fondée en 1964, coordonne le travail des conseillers moraux, qui sont les représentants de la laïcité, au sein de l’ensemble des prisons belges. Les conseillers moraux offrent une assistance morale individuelle à tout détenu qui en fait la demande. Ils organisent également des activités collectives d’assistance morale.
Pratiques de réinsertion des (ex) détenus
Olivier Gelin et Stefan Cristel
L’asbl APRES compte actuellement dix travailleurs pluridisciplinaires et poursuit comme objectif l’insertion socioprofessionnelle des détenus et ex détenus bruxellois. Nous accompagnons notre public (généralement infraqualifié, manquant d’expériences et potentiellement discriminé) vers l’emploi ou la formation. Nous travaillons en réseau avec les organismes d’insertion socioprofessionelle, les institutions péri et post carcérales, les centres de soins, les centres d’hébergement, les Services psychosociaux des prisons, etc.
[Diversité] Bruxelles superdiverse
Entretien avec Hans Vandecandelaere
Médiéviste de 42 ans, Hans Vandecandelaere connaissait autant le patrimoine architectural de la capitale qu’il méconnaissait ces 60 dernières années de l’immigration à Bruxelles. La diversité sur les banquettes du métro… C’est par là que tout a commencé pour lui ! Après avoir goûté aux mille-feuilles de cette diversité riche de quelque 170 nationalités, il nous livre un récit original à travers ses rencontres avec les pousse-pousse du Colruyt, des cellules grises venant d’Inde, Madame Net et Monsieur Brico, sans oublier Dieu dans le hangar… Entre journalisme poussé et livre d’Histoire, "Bruxelles. Un voyage à travers le monde"1 est à recommander pour jeunes et moins jeunes.
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