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Juin 2013 | n° 314
La santé mentale : nous sommes tous concernés
La sphère de la santé mentale est influencée par de nombreux facteurs : biologiques, psychologiques, socioéconomiques et culturels qui agissent sur la personne elle-même, mais aussi sur la communauté. La santé mentale nous concerne tous : l’individu comme l’Etat.

Sommaire
[Édito] La santé mentale : nous sommes tous concernés
Jamila Zekhnini
 
Les enjeux de la réforme de la psychiatrie
Charles Burquel
La réforme de l'organisation des soins de santé mentale est pour nous l'occasion de parler du travail communautaire. Que nous dit cette réforme ? Quels en sont les enjeux ? Comment une société peut-elle prendre en charge les questions de santé mentale, voire les malades mentaux ?
Qu’est-ce que l’ethnopsychiatrie ?
Yves Lecomte, Sophie Jama & Gisèle Legault
L’ethnopsychiatrie est le "domaine de la psychiatrie consacré à l’étude des troubles mentaux en fonction des groupes culturels et ethniques auxquels appartiennent les sujets qui en seraient atteints" [1]. De cette définition découlent des questions relatives à la ressemblance ou à la différence des maladies mentales entre les pays, de même que sur l’universalité ou la spécificité des maladies mentales selon les cultures.
Soigner la personne ou la société ?
Entretien avec Serge Creuz et Nathalie Thomas
Dépasser le seul champ clinique pour tenter, au moyen d’actions collectives, de l'articuler au champ politique. Telle est la conception du "Collectif de pratiques en santé mentale communautaire", porté par le service de santé mentale Le Méridien. Il est composé d’une quinzaine de professionnels issus de ce secteur et du secteur social, qui travaillent dans les quartiers populaires de Bruxelles. Nathalie Thomas, psychologue, fait partie de l'équipe "communautaire" du Méridien. Fabian De Brier est médiateur scolaire à l'athénée royal Serge Creuz et membre du Collectif depuis sa création.
De l’errance à la transmission
Alexandre Ansay
En quoi les enseignements de l’ethnopsychiatrie ont-ils des retombées sur des travailleurs sociaux en lien avec des jeunes issus de l’immigration ? Une réponse à travers le dispositif "Hard" qui a formé pendant plus de vingt ans des groupes destinés à opérer dans les quartiers "difficiles". Des groupes composés de chômeurs, de désaffiliés, qui sont parvenus à reconstruire l’estime d’eux-mêmes et leurs appartenances via cette recherche action.
La place de la culture dans la santé mentale
Stéphanie Larchanché
En France, la place de la culture dans le soin a longtemps fait débat. Le système de santé publique régulé par le mandat républicain d’un accès universel aux soins a en effet souvent nié la possibilité de services de type communautaire, en direction de populations ciblées. Et pourtant, dans le domaine de la santé mentale, des institutions de soins "spécialisées" dans l’accueil de patients immigrants et réfugiés a pu se développer. Les conditions de l’émergence et de la légitimation de ce "champ" expert découlent de contextes sociopolitiques particuliers et répondent à des intérêts précis.
Le traitement utopique des vies superflues
Alain Vanoeteren
Comment notre société gère-t-elle les personnes psychologiquement fragilisées qui viennent s’y réfugier ? Le centre Ulysse tente de restaurer avec les réfugiés un lien de civilité. Mais le contexte politique actuel a pour priorité le contrôle des flux migratoires. Il génère un accueil empreint de soupçon et de contrôle. Dès lors, les violences subies dans le pays d’origine et celles liées à l’insécurité du droit au séjour s’entremêlent. Ce mélange nocif renforce la vulnérabilité psychique. Les traitements thérapeutiques sont rendus moins efficaces par le déni de reconnaissance de notre propre État à l’égard des patients.
Éclaire la brume, mon Amikaro
Maxime Paquay
Deux "potes" passent du temps ensemble : un ciné, une ballade, un café. Le projet Amikaro lancé par l’asbl L’Autre "lieu" fonctionne sur base d’offres et de demandes. L’initiative en santé mentale propose ainsi à des personnes isolées de recréer du lien social. Le but ? Répondre à des besoins en santé mentale auxquels les hôpitaux et la psychiatrie traditionnelle ne peuvent répondre. Quarante personnes ont participé à cette mise en lien lancée il y a un peu plus d’un an à Saint-Josse-ten-Noode. Ou comment reconsidérer la socialisation comme un facteur incontournable de la santé mentale.
Les IHP, un rempart contre la précarisation
Thierry Van De Wijngaert
Les initiatives d’habitations protégées (IHP) ont été conçues par le législateur comme des logements de transition pour vivre de façon autonome. La plupart des personnes accueillies n’ont pas un manque de capacités, mais une tendance au débranchement social. Malgré la pertinence reconnue des IHP, la réforme en cours dans le secteur de la santé mentale n’envisage pas d’augmenter le nombre de places. Elle mise sur la coordination des acteurs en ne prenant pas la mesure de la réalité sociale et de l’importance de la dimension relationnelle.
Ces immigrés qui accueillent des Belges…
Moussa Dioum
Ainsi formulé, on croirait s’être trompé. Pourtant, c’est bien le cas. Cette fois, ce sont des allochtones qui ont offert le gîte à des autochtones fragilisés psychiquement et socialement. L’hospitalité africaine comme alternative à la psychiatrie d’enfermement…
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