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Samedi 30 avril 2011
Mariages en migration
 
 

 

 

Dès qu’ils entendent «mariages et migrations», d’aucuns déduisent «mariages forcés, femmes battues, séquestrées,…». Il existe aussi une tendance à simplifier le phénomène en le versant sur le compte «religieux». Les réponses données par des professionnels aux familles en détresse ne sont pas toujours adéquates. Aussi, de nombreuses questions déontologiques majeures restent en suspens. Par exemple, jusqu’où aller dans l’octroi de certificats de virginité pour des jeunes filles avant le mariage? Jusqu’où intervient l’aide sociale dans le cadre de mariage blanc?

 

Le manque d’information et de sensibilisation envers les jeunes, les parents, les enseignants et travailleurs sociaux est criant. De plus, la vigilance doit être de mise face à l’instrumentalisation du travail social par les politiques migratoires restrictives. Ainsi on s’interroge beaucoup sur le mariage blanc mais guère sur les «divorces blancs» pour raisons économiques…

 

Mariage subi ou mariage choisi, mariage arrangé, mariage mixte, mariage gris… et des conséquences qui peuvent être très lourdes pour les intéressés, même si elles disent apporter certaines solutions à leurs préoccupations…Qu’en est-il de ses unions si particulières ? des outils d’information ou de prévention qui pourraient exister sur ces sujets ? Comment et à qui les adresser ? Autant de questions qu’il convient d’examiner lorsqu’on parle de Mariage en Migration.


Nos invités :

Reza Kazemzadeh, psychothérapeute familial au Centre Exil (un service médico-psycho-social pour demandeurs d’asile et pour personnes victimes de violence organisée). Reza travaille également dans un service de psychiatrie mobile avec des personnes en souffrance psychique qui n’ont pas de possibilité d’accès aux soins classiques.

Xavière Remacle, philosophe, islamologue et formatrice au Centre bruxellois d’action interculturelle.

 

Egalement autour des micros : Pascal Peerboom, Massimo Bortolin, Déborah Fabré et Carine Demange.

 

Ressources en ligne
 
 

La playlist
 
Zongora, Iarna la Beica, Hora de lala et Hajde jano, extraits de l'album Doverie (Muziekpublique, 2011)
Oswaldo Hernandez Napoles, A la tierra yo le canto et Estrella de la mañana, extraits de l'album Tierra (Homerecords, 2011)
Hijaz, Sidi Bou Said, extrait de l'album Chems (Zephyrus, 2011)
 

Lectures
 
Les mariages forcés, conflits culturels et réponses sociales, de Gérard NEYRAND, Abdelhafid HAMMOUCHE, Sahra MEKBOUL, Collection Alternatives sociales.

Autrefois pratiqués en France, les mariages forcés perdurent chez certaines familles d’origine étrangère et expriment une réelle difficulté à intérioriser les règles qu’impose le mariage français : autonomie des personnes, égalité des sexes, libre choix du conjoint. Les conflits qui se développent alors entre parents et enfants sont violents, particulièrement pour les jeunes filles. Ils s’appuient sur la contradiction entre les références à des cultures d’origine où la famille tient une place centrale dans le jeu matrimonial et le contexte culturel d’accueil, et renvoient aux écarts de socialisation entre générations.
Mais cette contradiction interculturelle s’interprète au sein même des cultures d’origine qui, dans leurs principes et leurs textes de référence, reconnaissent la nécessité du consentement des époux.
L’enquête réalisée pour rendre compte de ces situations dramatiques s’appuie sur des entretiens avec des jeunes femmes concernées et des représentants institutionnels et associatifs. Elle met en évidence la violence propre à ces situations de conflit mais aussi les déchirements à l’intérieur des familles et des communautés, et la difficulté des institutions à y répondre efficacement. La nouvelle génération d’associations portées par des représentantes de ces communautés a cependant permis d’initier des réponses coordonnées, visant à constituer un dispositif de prise en charge. L’analyse débouche sur quelques recommandations pour aider à l’organisation de ces réponses.
 

KISMET! Belgique/ Turquie: regards croisés sur mariages et migrations, de Ertugrul

Tas, Compétences interculturelles.

Kismet est un mot turc. Il signifie la destinée. Il est cité par la majorité des interviewés pour donner une raison à leur mariage. Cette recherche menée a pour objectif de comprendre et d'illustrer les pratiques et les motivations matrimoniales dans la communauté turque installée en Belgique, à travers ses liens aux régions d'origine. La plus grande attente des familles turques de Belgique est de lutter contre l'assimilation culturelle de leur groupe en terre d'exil. Le mariage dans le même groupe ethnique est valorisé par rapport à l'alternative que constitue le "mariage mixte".
 
Mariage libre, mariage forcé ? Edwige Rude-Antoine, PUF, Collection: La nature humaine.
Dans les sociétés libérales, l'accent est mis sur le libre choix des époux et sur l'épanouissement de la personnalité de chaque conjoint. Pourtant, le mariage forcé existe. Il concerne des enfants, des femmes, des hommes, promis ou donnés en mariage contre leur gré à une personne connue ou inconnue sans qu'ils aient eu le droit de refuser. En examinant les différentes formes de mariage forcé, en traitant la question de la liberté du mariage et du choix du conjoint, en analysant les décisions de justice qui annulent le mariage et en s'interrogeant sur le rôle de l'Etat pour encadrer ces unions forcées, l'auteur plaide l'idée qu'il n'est pas toujours facile de tracer la frontière entre mariage " libre " et mariage forcé.
Mais il revient bien à l'Etat d'assurer la liberté matrimoniale, qui est une liberté fondamentale, et de la garantir contre toutes sortes d'entraves qui viendraient la limiter.
 
Près de chez nous Loin de chez eux. Mariage et traditions 
La Belgique est le pays d'accueil de nombreuses communautés étrangères. Certaines y sont établies depuis si longtemps qu'elles se sont assimilées presqu'entièrement aux habitants de leur nouvelle patrie. D'autres, arrivées plus récemment, continuent de vivre le processus d'intégration. Cependant, toutes ces communautés se retrouvent dans une même volonté de perpétuer leurs traditions. Parmi les traditions les plus respectées, car elles sont liées aux moments marquants de la vie, le mariage occupe une place privilégiée. Au sein des deux familles impliquées se rencontrent plusieurs générations avec leur culture, leur respect des coutumes ou leur attachement au rite religieux. La fête, inséparablement liée à la cérémonie du mariage proprement dite, est, en général, elle aussi imprégnée du pays d'origine des nouveaux mariés, même si ceux-ci y témoignent souvent de leur ouverture envers les usages existant en Belgique.
 

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