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Fiche pédagogique Les dessous de la cohésion sociale à Bruxelles « Du mélange des genres à l’objet du mélange »
mis en ligne le 2019-06-25
Source
Production :
Centre Bruxellois d’Action Interculturelle (www.cbai.be)
Réalisation : Pascaline ADAMANTIDIS, Beatriz CAMARGO et Anaïs CARTON
Musique : Gary MOONBOOTS (Infraroots Records)
Durée : 20’28
Youtube : https://youtu.be/hpFgjYlF9Ck
 

1. Synopsis « Du mélange des genres à l’objet du mélange »
 
C’est suite à une MAG (Méthode d’Analyse en Groupe) organisée par le Cracs et relative au fait qu’un appel à projet de la Cocof ne permettait plus la non-mixité dans des groupes d’alphabétisation, que quatre témoins parmi les opérateurs en FLE (Vie Féminine, Cohésion sociale - Molenbeek, Gaffi - Schaerbeek et Bruxelles Laïque) ont fait part de leurs préoccupations et inquiétudes à ce sujet. Les témoignages ont été enrichis et recadrés par une contextualisation du travail du Cracs. Notons que le rapport rédigé par le CRAcs a contribué au fait que la non-mixité a été permise à nouveau dans les appels à projets. Cette capsule fait partie d’une série intitulée « Les enjeux de la cohésion sociale à Bruxelles », toujours en cours de production.

2. L’intention du CBAI
 
Le décret du 13 mai 2004 relatif à la cohésion sociale avait fait le travail de couler dans la loi des dispositifs qui avaient été mis en place au sien de la Région de Bruxelles-Capitale depuis plusieurs années. Ces dispositifs étaient des projets très différents mais qui participaient tous d’un même objectif : permettre aux jeunes des quartiers précarisés de porter des projets ensemble et d’être soutenus dans leur apprentissage ainsi que permettre aux personnes issues de l’immigration d’appréhender les clefs du vivre ensemble à Bruxelles.
 
Aujourd’hui, près de 265 ASBL se partagent 9 millions d’euros via les contrats de cohésion sociale au niveau régional ou au niveau des 13 communes éligibles de la région. Près de la moitié de ces projets concernent le soutien à la scolarité. C’est un enjeu crucial pour la Région qui connaît un décrochage scolaire trop important. L’objectif de ces projets n’est pas d’intervenir quand il est trop tard ni de remplacer l’école mais bien de permettre à tous les enfants et les jeunes de trouver un endroit où ils sont accompagnés dans leur apprentissage formel, mais également en tant que citoyen en devenir, où des volontaires prennent le relais pour aider une cellule familiale parfois inexistante ou débordée, où un groupe prend le dessus sur une individualité, où l’émancipation s’acquiert en ouvrant les horizons sur des perspectives qu’on croyait bouchées. A côté de cela, la cohésion sociale permet aussi à des adultes de trouve un espace de socialisation en apprenant le français ou en faisant un travail d’alphabétisation. La cohésion sociale offre aussi des cours de citoyenneté pour ceux qui en ressentent le besoin ou l’envie mais aussi des permanences sociojuridiques pour les personnes qi auraient des difficultés dans leur quotidien. L’objectif premier de ces projets reste l’inclusion sociale de toutes et tous.
 
Depuis 2016, la cohésion sociale, c’est aussi l’envie de dépasser la précarité et les tentations communautaires en favorisant des projets où la co-construction est le mot d’ordre et où le mélange est le principe.
 
Le développement durable de la Région de Bruxelles-Capitale a trait à la création ou au maintien du lien primordial entre tous les citoyens qui peuplent Bruxelles, quels qu’ils soient.
 
Une tentative de définition de la cohésion sociale

Le décret reste généraliste quant aux finalités et aux types d’actions concernées par la cohésion sociale. La cohésion sociale consiste en un "ensemble des processus sociaux qui contribuent à assurer à tous les individus ou groupes d'individus, quelle que soit leur origine nationale ou ethnique, leur appartenance culturelle, religieuse ou philosophique, leur statut social, leur niveau socio-économique, leur âge, leur orientation sexuelle ou leur santé, l'égalité des chances et des conditions, le bien-être économique, social et culturel, afin de permettre à chacun de participer activement à la société et d'y être reconnu. Ces processus visent en particulier la lutte contre toute forme de discrimination et d'exclusion sociale par le développement de politiques d'intégration sociale, d'interculturalité, de diversité socioculturelle et de cohabitation des différentes communautés locales. Ils sont mis en œuvre, notamment, par le développement d'une action communautaire de quartier et du travail en réseau."

Le concept de Cohésion sociale, dans la formulation qu’en donne le décret, est caractérisé, notamment, par sa transversalité. Il ne se réduit pas à une dimension spécifique de l’action publique. Il est susceptible d’embrasser plusieurs types de politiques (sociales, logement, santé, rénovation urbaine, lutte contre les discriminations).
 
Les quatre thématiques de la cohésion sociale

Le Collège de la COCOF a fixé quatre thématiques prioritaires pour le troisième quinquennat. Voici les thématiques choisies pour 2016-2020:
 
Le soutien et l'accompagnement à la scolarité: Ces actions s'opèrent dans une dynamique de complémentarité avec les écoles et en lien permanent avec le milieu de vie de l'enfant. Un accent particulier doit être porté aux jeunes rencontrant des difficultés liées à leur arrivée récente en Belgique, sans tenir compte de leur nationalité ou origine.

L'apprentissage et l'appropriation de la langue française en tant que citoyen actif: Les actions dans cette priorité s'appuient sur des pédagogies émancipatrices et interculturelles développées dans une approche collective et participative. Elles visent un outil d'expression sociale, de prise de parole, de pouvoir sur sa vie, son milieu et son environnement.
 
La Citoyenneté interculturelle: Cette thématique se décline en deux types d'action:
- les permanences sociojuridiques adressées à un public large, migrant ou issu de l'immigration;
- les modules d'initiation à la vie citoyenne organisés dans un climat d'échanges et de rencontre des publics.
 
Le vivre ensemble: Cette priorité se décline en deux types d'actions:
  • la production et diffusion d'outils à vocation socioculturelle orientées sur des finalités d'amélioration du vivre ensemble;
  • la diffusion d'outils visant la sensibilisation à l'interculturalité.
La cohésion sociale, de par les projets qu'elle soutient, entend favoriser la rencontre de l'autre dans l'espace public et soutenir la personne dans son objectif d'insertion dans son quartier, sa commune, sa région. Les actions sont organisées de manière à permettre aux différents publics d'expérimenter la diversité. Les opérateurs favorisent cette ouverture et doivent atteindre pour la majorité de leurs actions une réelle mixité. Ces actions aboutissent à plus de lien social entre les personnes issues de cultures, sexes, âges, origines sociales différentes.

Nous pensons que la cohésion sociale peut être vue comme une nébuleuse : quels en sont les enjeux sur le terrain ? Qui sont les porteurs de ces projets et comment agissent-ils ? Quels sont les dispositifs existants ? Quels sont les défis de la cohésion sociale dans le futur ? Quels sont les ponts qu’empruntent l’État et la société civile pour communiquer ?
 
Cette série radiophonique fait le pari d’éclairer certains enjeux de la cohésion sociale à Bruxelles, en partant des activités concrètes mise en œuvre sur le terrain par les associations.