
Texte introductif en attente
Le théâtre l’a piquée depuis toute petite. Frédérique Lecomte le décline d’abord en théâtre action avant de trouver sa voie dans le "Théâtre et Réconciliation". Dans des zones de conflit en Afrique des Grands Lacs, elle rencontre –et fait se rencontrer, bien au-delà des conventions et des convenances- des femmes violées, des familles déplacées, des prisonniers. En Belgique, c’est notamment avec des femmes sans papiers occupant l’église Sainte Suzanne et des femmes issues de la diaspora congolaise à Mons qu’elle a œuvré.
Comment d’une boue brunâtre obtient-on l’effet élégant et délicat de la dentelle rouge foncée? Ni secret de famille, ni formule magique, l’art du henné se transmet de génération en génération, en perdant toutefois au cours du temps son sens symbolique. Rencontre avec Hakima, henneyat de 19 ans.
Fabienne s’appelle aussi Imen depuis qu’elle s’est convertie à l’islam lorsqu’elle avait seize ans. Issue d’une famille dont la branche brésilienne pratique ardemment la foi catholique et dont l’autre branche belge vit à mille lieues de toute religion, elle raconte comment sa quête spirituelle l’a conduite à l’islam, après un détour par le bouddhisme.
Virgine sera majeure dans quelques mois. En attendant, avec son tuteur Monsieur Léon, elle tente de retrouver sa mère, son frère et sa soeur au Kenya, ainsi que son père, accusé d’être génocidaire et «disparu» à Kigali.
Gisèle Pineau a reçu l’écriture "en cadeau". De sa plume de feu, elle écrit le matin et travaille l’après-midi comme infirmière. Ses thèmes récurrents déclinent la violence, les secrets de famille, l’exil, la mémoire. Nous lui avons posé une seule question: écrivain d’origine guadeloupéenne vivant à Paris, considère-t-elle être porteuse de la culture du pays de ses parents, ou ne représente-t-elle qu’elle-même dans le meilleur des cas?
Tamimount Essaïdi ne laisse pas le hasard ou les autres décider pour elle. Dans son récit de vie, de l’école au parti politique et comme échevine de l’Intégration, de la Prévention et de la Solidarité à Schaerbeek, elle nous raconte ses choix, ou exercices quotidiens de sa liberté d’expression.
Loin de son pays, près de son - ses - identité(s)? C’est un peu l’étonnante équation que permet de vivre une situation d’exil ou de migration. Comme s’il fallait être loin de chez soi pour être près de soi. Et comme si, parfois, il convenait de partir à la recherche de ses identités - réfugiée politique des années ‘70 - pour cerner ou approcher les identités de l’Autre - migrante sans papier. Exercice en forme de voyage entre hier et aujourd’hui, entre ici et là-bas...
Le portrait - pour expliquer l’histoire politique, économique ou sociale d’une immigration -, mais aussi l’auto-portrait - pour raconter ce qui est vécu à l’intérieur de cette immigration... Au total, deux portraits, qui, expliquant et racontant, disent mieux et plus précisément - plus humainement - ce qu’est une migration. Exemple au travers de la trajectoire immigrée d’une femme espagnole, au cours des années ‘60...
Avril 2006, Paris. Le CBAI est invité au colloque "Médiation sociale culturelle: un métier, une déontologie". L’association Profession Banlieue y présentait en particulier le profil de fonction des femmes relais, médiatrices sociales et culturelles, suivi de principes déontologiques sur ce métier qui manque encore à ce jour d’une reconnaissance pleine.
Il n’est guère de pièce de théâtre qui ne comprenne de rôles masculins et de rôles féminins. D’où la nécessité de réunir des comédiennes et des comédiens pour monter une pièce. Mais quid lorsque les unes et les autres ont le trac non pas de monter sur les planches, mais de se donner réciproquement la réplique? Entretien avec Houda Chergui, comédienne et animatrice.
Habitués à ce qu’elles soient invisibles dans l’espace public car principalement investies dans l’espace privé, peu de médias ont mis en avant le rôle de ces femmes...
Une attention plus grande à la spécificité de la migration féminine s’impose, d’autant que les femmes sont de plus en plus nombreuses à migrer et prennent une place majeure comme actrices de changement social. À ce titre, comme le montre cette étude réalisée en Italie, la maternité reflète des interactions déterminantes entre les migrantes et les autres catégories sociales des communautés d’origine, d’arrivée, et de celles en «migration».
Réflexions à partir d’une enquête auprès de femmes primo arrivantes accueillies dans des dispositifs d’insertion sociale en Belgique. Et question clef : est-il possible d’élaborer des formes spécifiques d’accompagnement des primo arrivantes qui prendraient en considération leur position particulière, dans une perspective d’intégration sociale par l’insertion dans le marché du travail?
L’expression "réfugié(e) politique" ou "exilé(e) politique", lorsqu’elle est prononcée à haute voix, pourrait tout aussi bien désigner le féminin que le masculin. Pourtant l’image qui s’impose à notre pensée, en lien avec ces termes, est le plus souvent masculine : un réfugié politique. Les femmes n’ont-elles donc jamais dû fuir à cause de leurs convictions, parce que persécutées ou risquant leur vie et leur liberté ?
Ces dernières décennies ont connu une féminisation croissante des migrations. Aujourd’hui, la moitié des migrant-es sont des femmes du Sud et du Sud–Est. Celles-ci travaillent comme domestiques, infirmières ou encore comme employées dans le secteur des services en Australie, au Canada, aux États-Unis et en Europe occidentale(*)
(*) sous la direction de Fenneke Reysoo et Christine Verschuur, Femmes en mouvement, Genre, migrations et nouvelle division internationale du travail, Les colloques genre de l’iuéd : Collection Yvonne Preiswerk, Genève, 2004, p.13).
"La Traversée de la Mort", c’est l’histoire de cinq femmes qui veulent fuir leur pays, coûte que coûte, pour bâtir leur vie en Europe. Elles échouent. Et se retrouvent dans une prison espagnole… Sous chapiteau à la place des Martyrs, jusqu’au 13 mai, le spectacle fera un tour de Belgique, et peut-être du Maroc. Rencontre avec l’auteur et metteur en scène, Jamal Youssfi, sur la genèse de cette pièce et sa portée.
Le projet migratoire comme moyen de s’insérer professionnellement et de nourrir une famille restée au pays: c’est ce que choisissent nombre de femmes latino-américaines. Si, à l’arrivée, le travail ne manque pas, les conditions - salaire, sécurité sociale, congé... - font nécessairement défaut à ces travailleuses en noir. Il n’empêche, un autre bénéfice peut émerger au cours du projet migratoire: la découverte de l’autonomie...
Réalité souvent négligée, en tout cas peu mise en évidence: les femmes ne se contentent pas nécessairement de regarder les hommes émigrer. Elles peuvent, par exemple, encourager le départ du fiancé, du mari ou du frère, cela pour une vie meilleure. Et elles peuvent aussi inverser le scénario classique: émigrer seule et faire venir ensuite les enfants et les hommes...
Depuis le 22 septembre 1998, date de la mort de Semira Adamu, des femmes sont engagées au sein du collectif Colfen dans l’accompagnement et la défense d’autres femmes que l’on dit "sans papiers" et donc sans droits. Leur objectif: donner à ces femmes ces droits auxquels elles ont droit. Dans cet entretien, le Collectif Femmes en Noir se raconte…
C’est dans le cadre d’une conférence sur la laïcité(*) organisée en mars dernier par l’asbl AWSA Belgique (Arab Women’s Solidarity Association Belgique: www.awsa.be) que nous avons rencontré Nawal El Saadawi. Quelques jours plus tard, elle nous accorde un entretien dans l’intimité d’un petit bureau de l'association Amazone qui l’accueille durant son étape à Bruxelles, avant de partir séjourner aux États-Unis. Exil: fuite ou liberté?
Le projet politique féministe rassemble des groupes qui ne partagent pas nécessairement les mêmes conditions de vie, les mêmes références ou les mêmes idées. Ainsi de nouveaux groupes de femmes "issues de l’immigration" contestent le féminisme tel qu’il s’est imposé ces trente dernières années, tout en exprimant leur volonté de participer à une lutte commune. Focus sur le mouvement des femmes en questionnement.
* Pour paraphraser le beau titre d’Edgar Morin "Vivre ensemble : égaux et différents".
Autre combat démocratique que celui des femmes issues de l’immigration marocaine confrontées à la fois à leur statut de femme, d’immigrée et de musulmane. Entretien avec Soâd Ben Abdelkader, présidente de l’Union des femmes musulmanes de Belgique.
La réussite scolaire des femmes d’origine immigrée se traduit-elle pas une insertion réussie sur le marché du travail? Pas vraiment. Des mesures juridiques peuvent-elles, dès lors, neutraliser l’exclusion du marché de l’emploi dont sont victimes ces personnes issues de l’immigration, et plus précisément, les femmes musulmanes portant un foulard? Très difficilement. L’impasse?
Qui dit rentrée scolaire dit parfois refus d’inscription d’élèves musulmanes revendiquant de porter le foulard. Commentaires et réflexion d’un professeur.
1980, Khadiatou Dialou arrive du Sénégal à Bruxelles. 1996, elle fonde le GAMS, Groupement d’hommes et de femmes pour l’abolition des mutilations sexuelles féminines. 2006, elle continue à lutter, malgré les obstacles, pour prévenir les excisions opérées chez des fillettes de plus en plus jeunes.
Si la planète abrite des hommes et des femmes et si, du coup, elle est un lieu à haute mixité, elle n’en est pas moins aussi un lieu à haute inégalité. Une inégalité qui pourrait être résumée en un chiffre: 70% des plus pauvres parmi les plus pauvres à la surface du globe sont des femmes. Entretien avec Sophie Charlier, active au sein de Entraides et Fraternité.
Comment assurer, au sujet du foulard islamique, l’égalité non pas sur base des discriminations de type raciste, mais sur base des sexes ? Nous publions ici l’avis qu’a donné à ce sujet le Conseil de l’égalité des chances entre hommes et femmes, le 13 septembre 2002. Ligne de force du document: il insiste sur la nécessité de prendre en compte le point de vue des intéressées…
Signe d’appartenance religieuse pour les unes, le foulard est-il moyen discret - mais efficace - d’exclure les jeunes filles d’origine immigrée du marché du travail, après les avoir exclues des écoles? En d’autres mots, derrière l’invocation des principes de laïcité et d’égalité, ne faut-il pas voir aussi une très discrète mécanique d’exclusion sociale? Entretien avec Fabienne Brion, criminologue à l’Université catholique de Louvain-la-Neuve.
S’il faut s’en tenir aux catégories, parler des femmes qui sont lesbiennes et d’origine immigrée conduirait à parler des "lesbiennes issues de l’immigration". Explication et tentative d’éclaircissement sur un sujet dont l’invisibilité est la règle, ce qui n’atteste en rien de sa non existence….
Les discriminations dont sont victimes les personnes d’origine étrangère ne sont pas toujours des réalités objectivement quantifiables. Elles peuvent, au contraire, consister en des réalités impalpables, invisibles, non repérables, parfois même par ceux qui en sont les victimes. Exemple: l’impossibilité, pour un travailleur étranger, de se défendre par la parole lorsqu’il ne maîtrise pas la langue de la société d’arrivée...
Absence et présence: c’est à partir de ces deux termes que l’on pourrait résumer la position des femmes immigrées dans les sociétés d’arrivée. Absence de la sphère de production - le travail -, mais présence dans la sphère de la reproduction - le rôle d’épouse et de mère. Un rôle qui, s’il participe pourtant à la logique du système économique, n’est pas reconnu. Plus grave, même, un rôle dont l’histoire de l’immigration au féminin nous montre qu’il est le plus souvent instrumentalisé...
De plus en plus visibles dans l’espace - espace politique, social, culturel ou économique - les femmes de l’immigration n’en sont pas moins largement discriminées, en terme d’égalité sexuelle, par les sociétés d’arrivée. Paradoxal lorsque l’on rappelle que ces sociétés s’érigent en modèle de l’égalité des sexes auprès des pays dont sont originaires les migrantes...
Sur la scène des arts, le festival "Voix de femmes", qui lancera sa septième édition du 28 octobre au 9 novembre, se démarque comme lieu de rencontres interculturelles et politiques entre artistes et spectateurs. Cultures en résistance sur un pied d’égalité! Brigitte Kaquet, directrice programmatrice, nous explique les fondements de ce festival porté par des femmes aux antipodes des clichés commerciaux.
Est-ce un conte? Une fable? Un pamphlet? Un drame? Une chanson? C’est en tout cas une histoire, celle de deux jeunes filles dont les trajectoires sont comme deux miroirs posés en vis-à-vis, et au travers desquels il suffit de passer pour voir que l’autre n’est pas celui que l’on croit…
"La Traversée de la Mort", c’est l’histoire de cinq femmes qui veulent fuir leur pays, coûte que coûte, pour bâtir leur vie en Europe. Elles échouent. Et se retrouvent dans une prison espagnole… Sous chapiteau à la place des Martyrs, jusqu’au 13 mai, le spectacle fera un tour de Belgique, et peut-être du Maroc. Rencontre avec l’auteur et metteur en scène, Jamal Youssfi, sur la genèse de cette pièce et sa portée.
Quittons Meknès, montons les sentiers escarpés vers deux villages où sont vénérés deux saints de la confrérie soufie des Hamadcha. Partons ainsi à la rencontre des djinns; Aïcha Qandicha n’est pas loin...
Soit une séance de formation au CBAI. A un moment donné, lors d’un débat, un stagiaire d’origine marocaine prend autorité sur un participant en lui affirmant savoir de quoi il parle car il a "étudié". Etudié quoi? La Science des profondeurs célestes…





