
Texte introductif en attente
Il est délicat de vouloir entrer au cœur des sentiments et des secrets. Pourtant Raymond veut se confier, ça lui fait du bien de témoigner, dit-il. Ce demandeur d’asile, aujourd’hui clandestin, raconte ses conditions de détention – ou “mise à la disposition du gouvernement”, pour reprendre l’euphémisme épais de la loi – qu’il a endurées dans trois centres fermés en Belgique et en Hollande. 330 jours de sa vie.
En tant que contre-pouvoir, la Ligue des droits de l’Homme observe, informe et interpelle les pouvoirs publics et les citoyens en vue de remédier à des situations qui portent atteinte aux droits fondamentaux. C’est dans le cadre de ces missions que l’association effectue, depuis 2003, des visites bimensuelles dans les centres fermés.
À la demande de la Chambre, le médiateur fédéral a investigué sur le fonctionnement des centres fermés et a remis, en juin dernier, un rapport (dont nous vous conseillons vivement la lecture(*) assorti de 183 recommandations. Quel est le suivi politique de cet outil fouillé et utile, qui confirme les diagnostics émis par de nombreuses ONG?
Depuis octobre 2008, les familles avec des enfants mineurs qui doivent quitter le territoire ne sont plus détenues dans des centres fermés, mais dans des unités d’habitation ouverte: on les appelle “maisons de retour”. Ces familles sont accompagnées dans leur retour par un coach. Il est question ici d’un projet pilote de l’Office des étrangers avec lequel, l’ancienne ministre de la Politique de migrations et d’asile, Annemie Turtelboom (Open VLD), répondait enfin à l’appel vieux de plusieurs d’années des ONG et des spécialistes pour en terminer avec l’enfermement des mineurs.
Parce qu’elles n’ont pas de papiers, des milliers de personnes sont chaque année écrouées derrière les barreaux des centres fermés en Belgique. Privés de leurs droits, parmi lesquels les plus élémentaires, ces étrangers malchanceux y passeront des heures, des jours, des semaines, voire des mois entiers en attente d’une éventuelle libération…ou expulsion (*). Honte de notre État démocratique, ces lieux d’enfermement sont pourtant devenus une réalité banalisée au fil du temps et à laquelle la société a fini par s’accommoder.
Camps de rétention, centres fermés, centres ouverts… la diversité des appellations illustre à raison la diversité des réalités que recouvrent ces dénominations selon le pays concerné en Europe. Ils présentent néanmoins de nombreuses caractéristiques communes dont celle de leurs occupants: des étrangers n’ayant commis aucun délit en dehors de celui du franchissement illégal d’une frontière.
Depuis le début des années 2000, l’Union européenne imprime une marque sécuritaire à la politique migratoire qu’elle met en place. Symbole de cette évolution, l’enfermement des étrangers se développe sur le territoire européen par la multiplication de camps, centres fermés et autres lieux de rétention, et l’allongement de la durée de séjour de ceux qui y sont placés.
A quoi servent les six centres fermés existant en Belgique? Officiellement, à incarcérer des étrangers qui devront quitter le territoire. En questionnant l’inefficacité des centres fermés et en révélant leurs paradoxes, l’auteur pointe leurs fonctions inavouées.
Rester vigilant, ne jamais abandonner le pouvoir de dire non ou encore transgresser une loi lorsqu’elle est inhumaine, tels sont les principes de toute résistance face à l’oppression.
Réalité souvent négligée, en tout cas peu mise en évidence: les femmes ne se contentent pas nécessairement de regarder les hommes émigrer. Elles peuvent, par exemple, encourager le départ du fiancé, du mari ou du frère, cela pour une vie meilleure. Et elles peuvent aussi inverser le scénario classique: émigrer seule et faire venir ensuite les enfants et les hommes...
L’État des lieux sur les centres fermés pour étrangers nous éclaire sur la réalité des détenus dans un but d’information et de dénonciation. Information des responsables politiques afin d’alimenter le débat, mais aussi des citoyens pour les aider à se forger une opinion sur un sujet trop méconnu.
Pour mieux comprendre ce qui pousse des hommes - rarement des femmes - à risquer leur vie sur des "pateras" en direction de l'Europe, le réalisateur Jawad Rhalib est parti à la rencontre de femmes, de mères de ces fils butés, et des candidats à l’exil eux-mêmes. "Brûler, disaient-ils…", un documentaire de 58 minutes.
Dès l’entrée de la galerie 100 Titres à Saint-Gilles, on tombe sur une carte: le désert du Sahara, le Maroc, le détroit de Gibraltar, l’Espagne, et puis la Belgique. Ces vingt centimètres sur la carte prennent la mesure du voyage périlleux des "brûleurs", qui parcourent parfois plus de 3000 kilomètres pour espérer vivre ici. À travers ses photos, Thomas Chable a recueilli les témoignages de migrants clandestins.
… sur les centres fermés pour étrangers. Un Etat de droit comme la Belgique peut-il enfermer 8 000 personnes étrangères –hommes, femmes, enfants- pour délit administratif? Poser la question, c’est interpeller notre démocratie et nos valeurs.
Le théâtre peut-il être un lieu de contestation de l’actuelle politique d’asile menée par le gouvernement arc-en-ciel? Au vu de sa programmation, la Compagnie Biloxi 48 semble en être manifestement convaincue. De fait, après avoir présenté "Ahmed le Subtil" - une farce libertaire qui s’articulait autour de la question "comment vivre ensemble?" - , la Compagnie nous revient avec un nouveau spectacle dont le titre ne laisse planer que peu de doute quant à la thématique abordée: "Bureau National des Allogènes".
Est-ce un conte? Une fable? Un pamphlet? Un drame? Une chanson? C’est en tout cas une histoire, celle de deux jeunes filles dont les trajectoires sont comme deux miroirs posés en vis-à-vis, et au travers desquels il suffit de passer pour voir que l’autre n’est pas celui que l’on croit…
Tour d’horizon de questions actuelles relatives à l’asile en Belgique sous l’angle de la procédure. Conversation-interview entre François Bienfait, Commissaire adjoint aux réfugiés et aux apatrides, et Aymeric Alfatli, collaborateur au service juridique du CGRA.
Entre avril 2001 et novembre 2002, le CEDEM de l’ULg et le GERME de l’ULB ont mené une recherche sur l’attitude de la population belge face aux demandeurs d’asile (*), dont cette contribution est une synthèse. L’objet principal consistait à étudier les relations sociales qui se nouent ou non entre des habitants de localités et des demandeurs d’asile, ainsi que les implications d’acteurs institutionnels (autorités communales, police, CPAS, direction des centres ouverts, etc.) et associatifs (ONG, clubs de sports, associations culturelles, etc.).
En 50 ans d’existence, comment ont évolué les grandes lignes politiques du CIRE (Coordination et Initiatives pour et avec les Réfugiés et les Étrangers) en matière de défense des droits des demandeurs d’asile? En quels termes s’énoncent aujourd’hui ses grands défis?
Dans ce numéro tout entier dédié à l’asile, il nous est apparu judicieux de revenir sur le sens juridique de cette notion. Ensuite et parce que, par définition, le phénomène du déplacement forcé de personnes dépasse le cadre de notre petit Royaume de Belgique, nous verrons que la politique et le droit de l’asile belge sont fortement conditionnés par le processus d’intégration européenne.
Un pays de migrants est-il un pays qui saigne? Si l’on rappelle que près de trois quarts des médecins équatoriens sont actuellement à l’étranger, la réponse est sans doute positive. Raison pour encourager le retour de ces migrants?
Il est délicat de vouloir entrer au cœur des sentiments et des secrets. Pourtant Raymond veut se confier, ça lui fait du bien de témoigner, dit-il. Ce demandeur d’asile, aujourd’hui clandestin, raconte ses conditions de détention – ou “mise à la disposition du gouvernement”, pour reprendre l’euphémisme épais de la loi – qu’il a endurées dans trois centres fermés en Belgique et en Hollande. 330 jours de sa vie.
À travers sa trajectoire de vie de la Côte d’Ivoire à la Belgique, Ali Guissé (34 ans) raconte son implication comme coordinateur et porte-parole national de l’UDEP, Union pour la défense des sans papiers, fondée en juin 2004. Quels sont ses moyens et ses actions pour convaincre les parlementaires belges à régulariser les sans papiers?
Remonter la ligne du temps de l’asbl Hispano-Belga jusqu’à sa fondation il y a quarante-deux ans, c’est aussi parcourir l’histoire des immigrations espagnoles et latino en Belgique. Exercice comparatif.
Indompté et téméraire, Aziz vit dans la rue ou dans un squat. La vie ne lui sourit pas en ce moment. Aziz est fatigué : il en a marre que personne ne se soucie de lui. Il est seul. Très seul. Et s’il vole des vêtements de marque, c’est pour survivre au jour le jour.
Dans son pantalon hyper large, taille plus que basse, Saliou, 18 ans, ressemble à tous ces jeunes emportés par la mode hip-hop. Mais derrière ces apparences, l’histoire de ce jeune guinéen est bouleversante. D’un jour à l’autre, sa vie a basculé dans la violence de la guerre. Pris en otage par des rebelles libériens, il sera mutilé et réduit aux travaux forcés plus de deux ans avant de trouver refuge en Belgique.
Huit années de présence en Belgique, trois enfants nés sur le sol belge, inscrits dans des écoles bruxelloises, pour les deux aînées, un emploi déclaré... Mais toujours pas de papiers. A moins que... Entretien avec Ndur Kukaj, sans-papiers jusqu’à ce jour, même si, à l’heure qu’il est, c’est peut-être une question de semaines.
Pourquoi, lorsqu’on est sans papiers, introduire une demande de régularisation tout en craignant qu’il ne s’agisse d’un piège afin de localiser les intéressés? Parce qu’il y a un moment où on fait n’importe quoi, même se jeter volontairement dans un piège. Témoignage d’un candidat à la régularisation.
C’est dans le cadre d’une conférence sur la laïcité(*) organisée en mars dernier par l’asbl AWSA Belgique (Arab Women’s Solidarity Association Belgique: www.awsa.be) que nous avons rencontré Nawal El Saadawi. Quelques jours plus tard, elle nous accorde un entretien dans l’intimité d’un petit bureau de l'association Amazone qui l’accueille durant son étape à Bruxelles, avant de partir séjourner aux États-Unis. Exil: fuite ou liberté?
Virgine sera majeure dans quelques mois. En attendant, avec son tuteur Monsieur Léon, elle tente de retrouver sa mère, son frère et sa soeur au Kenya, ainsi que son père, accusé d’être génocidaire et «disparu» à Kigali.
Depuis octobre 2008, les familles avec des enfants mineurs qui doivent quitter le territoire ne sont plus détenues dans des centres fermés, mais dans des unités d’habitation ouverte: on les appelle “maisons de retour”. Ces familles sont accompagnées dans leur retour par un coach. Il est question ici d’un projet pilote de l’Office des étrangers avec lequel, l’ancienne ministre de la Politique de migrations et d’asile, Annemie Turtelboom (Open VLD), répondait enfin à l’appel vieux de plusieurs d’années des ONG et des spécialistes pour en terminer avec l’enfermement des mineurs.
Entre juin 2004 et mai 2005, Serge Noël a rencontré des enfants des rues de Tanger, candidats à l’immigration clandestine, et d’autres jeunes à DARNA, association tangéroise qui, depuis dix ans, recueille des enfants dans un but de réinsertion. Ces témoignages sont à présent entre les mains de jeunes bruxellois de l’association Interpôle. Leur projet : enregistrer ces textes sur un CD, avec interprétation vocale et musicale, qui circulera dans les écoles et maisons de jeunes à partir de septembre. Première étape d’un long échange entre jeunes des deux villes. Trois extraits.
Chef du Service de tutelle (*) depuis décembre 2003, Bernard Georis dresse le bilan de la loi sur la tutelle des mineurs étrangers non accompagnés et envisage, de son point de vue, des améliorations possibles(**).
L’asbl Aïcha entend, à partir de septembre, mettre un lieu à la disposition de jeunes livrés à eux-mêmes sans protection familiale et insécurisés quant à la pérennité de leur droit de séjour. Un lieu qui leur permette d’"être" et "devenir être", susceptible de les rejoindre dans leurs références culturelles (d’origine, de l’exil,…) et leur "indicible", favorisant leur (re)construction identitaire, l’expression et la rencontre de leur désir, en partenariat avec un réseau.
Le secteur de la santé mentale contribue à sa manière à l’apport d’une solution durable pour les victimes de la violence. Le Centre Exil présente son modèle d’accompagnement médico-psycho-social global pour mineurs arrivés seuls en Belgique.
Chaque jour, des milliers d’enfants tentent de survivre dans les rues et le port de Tanger, la plupart espérant passer en Europe. Les sociétés qui produisent cette sauvagerie, des deux côtés de la Méditerranée, doivent d’urgence s’interroger sur le regard, devenu étrangement vide, qu’elles posent sur ces jeunes… Madame Hajoui, psychothérapeute et anthropologue tangéroise, livre sa vision clinique de cette mutation sociale et culturelle inquiétante.
Souvenez-vous de l’affaire "Tabita", une petite congolaise de cinq ans, que les autorités belges renvoyèrent fin 2002 dans son pays natal alors qu’elle voulait rejoindre sa mère résidant au Canada (*). À cette époque, des problèmes que connaissaient les mineurs non accompagnés par des adultes furent soulignés et quelques solutions furent proposées. Cependant, force est de remarquer que ces enfants sont toujours livrés à eux-mêmes, leur situation ne s’étant pas fort améliorée malgré quelques dispositifs législatifs adoptés entre-temps.
Avant tout, le tuteur doit se révéler un excellent coordinateur et organisateur. Il doit pouvoir se mouvoir avec aisance à la fois dans les relations individuelles avec ses pupilles, et dans les contacts plus professionnels avec les intervenants qui gravitent autour des MENA –avocats, assistants sociaux, Office des étrangers, voire médecins et enseignants.
Un interrogateur à un MENA : "Vous ne savez pas?! Il est vrai que vous ne savez pas grand-chose!" Cette exclamation, d'apparence anodine, résume à elle seule les limites de la procédure d'asile, a fortiori celle appliquée aux MENA. Ce reproche, ainsi que les contradictions dans les déclarations successives du demandeur d'asile, conduisent dans un nombre considérable de cas au rejet de la demande d'asile.
Huit mois après son entrée en vigueur, la loi sur la tutelle des mineurs étrangers non accompagnés a du mal à concrétiser ses objectifs. Manque de moyens, carence de tuteurs, contradictions… Peut-on encore parler de "maladies de jeunesse"?
La Belgique connaît en ce moment une pénurie de pharmaciens. Bertrand, candidat réfugié politique rwandais depuis 1998, est pharmacien. Or, il a dû attendre quatre ans avoir de pouvoir enfin exercer sa profession, bloqué par la mauvaise volonté de certaines administrations. Témoignage.
Qui distribue les journaux et imprimés gratuits à Bruxelles ou dans d’autres villes de Belgique? Des clandestins, la plupart du temps, et plus fréquemment encore, des familles en situation clandestine. C’est là le résultat d’un jeu de sous-traitances multiples qui fait que nombre de firmes ayant pignon sur rue - et pas seulement les distributeurs de presse gratuite - ont tout à gagner de la présence de clandestins en Belgique. Le risque encouru? Minime par rapport à celui que prennent ces travailleurs de l’ombre.
Réflexions à partir d’une enquête auprès de femmes primo arrivantes accueillies dans des dispositifs d’insertion sociale en Belgique. Et question clef : est-il possible d’élaborer des formes spécifiques d’accompagnement des primo arrivantes qui prendraient en considération leur position particulière, dans une perspective d’intégration sociale par l’insertion dans le marché du travail?
Psychothérapeute auprès de couples et de familles demandeurs d’asile, l’auteur rehausse son expérience clinique d’une lecture anthropologique. Il recadre ainsi le mariage arrangé comme une recherche d’un nouvel équilibre face aux bouleversements que doivent affronter les familles en exil ayant perdu leurs repères et leur mode de vie social propres.
Le secteur de la santé mentale contribue à sa manière à l’apport d’une solution durable pour les victimes de la violence. Le Centre Exil présente son modèle d’accompagnement médico-psycho-social global pour mineurs arrivés seuls en Belgique.





