Sport: (anti)modèle d’intégration?
Agenda Interculturel | 285 Actualités 17/08/2010 15:08 Imprimer Réagir
Sport: (anti)modèle d’intégration?
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Le sport n’est pas innocent. L’esprit de compétition qu’il exhorte, au niveau professionnel comme amateur, oppose, classifie, discrimine et donc exclut les plus faibles. À cette violence symbolique s’ajoute souvent une violence verbale et physique entre sportifs ou supporters, lesquels semblent, sous l’effet de foule, perdre tout sens des responsabilités. Les dérives sont tellement nombreuses qu’on en viendrait à penser que le sport est mauvais pour la santé physique et mentale.

En matière de drogues, l’ancien champion cycliste Laurent Fignon a raconté, dans Nous étions jeunes et insouciants, comment les mécaniciens d’une équipe colombienne transportaient de la cocaïne sur le Tour de France. D’autres preuves à charge peuvent être citées : le dopage (dont l’accès aux produits est de plus en plus contrôlé par des groupes mafieux), les tricheries, la marchandisation des joueurs, les salaires indécents, le nationalisme débridé,… Rien qui vaille la peine d’en faire un modèle pour la jeunesse. Finalement, le sport est-il un simple reflet de la part agressive de notre société, ou engendre-t-il des violences "nouvelles"?

Il faut raison garder. Le sport n’offre pas que le pire. Dans ce dossier construit sur la logique thèse-antithèse, nous présentons des expériences concrètes où le sport parvient à (re)socialiser, en les valorisant, des jeunes chômeurs en perte de repères. Bien sûr, le sport en tant que tel ne sera jamais un remède à l’exclusion. Le faire croire, c’est se priver des vrais remèdes qui sont du ressort des politiques de l’éducation, de l’emploi, de l’intégration, de la gestion des villes –rien que ça.

Une conclusion? Le sport ne devrait pas passer par la lutte de tous contre tous. Au contraire, pour citer en substance le sociologue Jean-Marie Brohm, le sport devrait nous encourager à l’excellence (dans un rapport à soi) et plaquer, une bonne fois pour toutes, la compétition et sa fatigante comparaison à l’autre.