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Des murs et des Hommes
Agenda Interculturel Actualités 08/03/2016 12:03 Imprimer Réagir
Des murs et des Hommes
 
A travers son tableau Après les murs, repris ici en couverture, l’artiste Akram Haïssoufi dépeint l’angoisse de migrants qu’il a rencontrés dans les rues de Bruxelles. Son travail fait écho à ce dossier consacré aux murs qui se forgent symboliquement, dans les esprits, et physiquement, le long des frontières européennes ou dans les espaces publics. D’origine marocaine, le peintre est arrivé en Belgique il y a deux ans et a lui aussi connu les lignes rouges qui se tracent en limites entre "eux" et "nous". Il explique ici ce qui l’a amené à créer cette œuvre.
 
"Cette peinture intitulée 'Après les murs' raconte l’histoire de personnes qui ont rêvé d’une vie plus clémente ailleurs et qui se heurtent contre des murs se dressant sans cesse devant eux.
Submergé par le flot de leurs fantasmes et par l’illusion d’un monde meilleur, elles décident de franchir le mur et se retrouvent face à une réalité qui ne correspond pas à leur imaginaire et qui les paralysent dans leur cheminement.
Ce visage tordu est celui de la colère, d’hommes, de femmes coincés dans un labyrinthe mental où les épreuves sont nombreuses. Ces dernières peuvent être administratives : 'tu ne peux avoir de travail car tu n’as pas les bons papiers', 'tu ne peux avoir de logement car tu n’as pas de travail', leur dit-on. Mais il y aussi des fortifications qui s’érigent dans les esprits. L’autre fait peur, l’autre est inconnu, l’autre est différent, l’autre est d’ailleurs. Face à ces réticences, les rapports entre les personnes deviennent froids et cloisonnés.
Aux yeux de certains politiques ou citoyens, les murs virtuels ou réels sont nécessaires pour préserver la sécurité. Pourtant, ce genre de réflexion marginalise un pan de la population indésirable, entraînant un mal-être.
A travers mon œuvre, je veux pousser les gens à descendre dans la rue et interagir avec ceux qu’on appelle réfugiés, étrangers, sans papier ou sans abri. Construire des ponts plutôt que des murs. Sans cela, l’indifférence mène à la déshumanisation de l’humain."
 
Ani Paitjan