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Migrants adoptés
Agenda Interculturel Actualités 01/06/2017 11:06 Imprimer Réagir
Migrants adoptés
 
Il est devenu très long le chemin de ces parents candidats, beaucoup plus long qu’il y a  30 ans, quand les adoptions étaient surtout affaire de solidarité, de charité même. Aujourd’hui, c’est une histoire principalement de désir… et de négociation internationale dans un rapport de force dominant/dominé.
 
Quand un couple informe sa famille, ses amis, qu’il ne peut pas avoir d’enfant, les deux réponses spontanées, passée la compassion, sont :
- Essayez la fécondation artificielle ou la gestation pour autrui !
- Adoptez !
 
Dans d’autres cultures, la réponse peut être : Trouve-toi une seconde femme ! A tout problème, une solution…
 
Pour l’adoption internationale, ce « Adoptez !» renvoie à des défis à relever sans se cacher la face : être du côté des dominants dans le rapport de force, se confronter à des visions très normées de la « parentalité » et du « bien de l’enfant », et … patienter.
 
Petits étrangers désirés, accueillis, à l’histoire particulière, les enfants adoptés à l’international n’en sont pas moins porteurs d’une origine « visible », exposée aux préjugés et aux discriminations, au même titre que les autres.
 
Dans ce délicat exercice qu’est leur construction identitaire, entre ce qu’ils ressentent être, et ce que les autres disent qu’ils sont, savoir répondre à la question « d’où viens-tu ?» est une clé de voute. C’est le sentiment de permanence, d’attachement à ses origines qui permet de faire l’équilibre. De la négation des origines (le petit Ahmed rebaptisé Alain) à leur hyper renforcement (la petite Fatoumata habillée en boubou chamarré, car c’est bien connu : tous les Africains aiment les couleurs !), les maladresses sont nombreuses, et pas seulement de la part des parents adoptifs pourtant plein d’amour et de bonnes intentions.
 
Alors, comment prévenir ces maladresses et construire une vie ensemble ? Peut-être en commençant par prendre conscience de nos projections d’adultes qui jonchent (voire encombrent) le chemin exploré par les enfants adoptés.
 
Annie Amoureux