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Négritude et postcolonialisme
Agenda Interculturel Actualités 19/07/2018 11:07 Imprimer Réagir
Négritude et postcolonialisme
 
L es plaies de l’époque coloniale sont loin d’avoir été pansées. Ces derniers temps, certaines cicatrices semblent même se rouvrir et devenir douloureuses plus de 50 ans après l’accès du Congo à l’indépendance. Ainsi, le racisme qui avait acquis ses lettres d’infamie à l’époque de la domination européenne du reste du monde persiste sous différentes formes. Il mute et se transforme mais il reste inscrit dans les structures sociales et les institutions, ainsi que dans l’imaginaire collectif et les faits et gestes de la vie quotidienne. Tantôt il endosse la parure paternaliste et condescendante, tantôt il est cru, violent et direct. Jamais, il n’a été éradiqué.
 
Est-ce à dire que la situation est sans issue ? Que nous devons accepter ces racismes comme une sorte de fatalité, sans réfléchir et sans agir ? Non, évidemment ! Toutes celles et ceux qui rejettent les principes d’essentialisation, de naturalisation, d’homogénéisation et d’infériorisation des autres regroupés dans des prétendues « races » ont le devoir de prendre la parole et de poser des actes. Plus que jamais !
 
Mais comment ? Vaste question pour un bref éditorial. Je donnerais en vrac quelques pistes dont certaines sont discutées dans ce dossier :
• ancrer nos réflexions dans l’histoire mais les adapter au contexte actuel que la simple dichotomie noir.e.s-blanc.he.s ne peut capturer ;
• mettre en évidence les apports multiples des cultures originaires d’Afrique au développement culturels en Europe et pas seulement dans le domaine de la musique et des sports ;
• lutter avec une extrême fermeté contre toutes les formes de discrimination comme l’appareil juridique nous permettrait de le faire ;
• repenser la vieille idée de la convergence des luttes et ne pas céder à la compréhensible tentation du séparatisme de la pensée, de la recherche et de l’action qui historiquement n’a jamais été source de libération des opprimés et des exclus ;
• ne pas négliger les petites avancées dont la portée symbolique peut être forte. L’inauguration après une longue attente d’un square Patrice Lumumba à Bruxelles le 30 juin 2018 en constitue certainement une dont on peut espérer qu’elle sera suivie de nombreuses autres.
 
Marco Martiniello est directeur du CEDEM, Centre d’études de l’ethnicité et des migrations