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Catégorie ► Enseignement - formation
Enjeux d’une réforme des cours dits philosophiques
De Philippe Laoureux
Bruxelles, Centre Avec, 2012, 6 p.
Le débat concernant l’organisation des cours dits philosophiques dans l’enseignement n’est pas neuf. Après avoir situé le contexte et les spécificités du système belge, l’auteur nous permet de mieux cerner les termes du débat actuel autour de l’organisation de ces cours. Pour terminer, il nous propose une analyse de la proposition de Marie-Dominique Simonet d’intégrer une partie commune aux programmes des cours "philosophiques".

C’est pratiquement depuis la création de l’état belge que la question scolaire, liée au statut et au financement de l’école libre confessionnelle, a suscité le débat, opposant le parti chrétien au parti libéral rejoint en fin du XIXe siècle par le parti ouvrier. Pour tenter une pacification à long terme, le gouvernement suivant, social-chrétien, entame des discussions avec tous les partis nationaux qui débouchent en 1958 sur la signature d’un "pacte scolaire" mis en loi l’année suivante. En ce qui concerne les cours de religion, ce pacte se traduit encore aujourd’hui par l’obligation faite à l’enseignement public de proposer aux choix des parents un cours de morale laïque ou d’une des religions officiellement reconnues, soit catholique, protestante, orthodoxe, juive ou islamique et par le financement public d’un cours de religion catholique dans les écoles catholiques. Depuis, on assiste périodiquement à une résurgence du débat autour des cours de religion. L’obligation de suivre un cours dit philosophique inscrit dans l’horaire scolaire pose question en particulier au nom de la neutralité de l’enseignement public et du refus de voir l’enseignement public être le lieu de confrontation entre les religions.
 
Par ailleurs, les partisans de la suppression soulignent le paradoxe de voir des cours qui touchent au vivre ensemble se passer dans la ségrégation et risquer ainsi de renforcer les identités.