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Catégorie ► Généralité sur l'immigration
Un long fleuve tranquille
D’Andrea Rea
in : Migrations Magazine 7/ été 2012, Bruxelles, Le Ciré, pp. 28-32
Le travail des historiens de l’immigration a pour effet salutaire de nous rappeler que les problèmes que rencontrent aujourd’hui des personnes dans leur processus d’intégration sont semblables à ceux auxquels ont été confrontés les immigrés dans le passé. La nouveauté a souvent un goût de réchauffé...

Pour analyser le processus d’intégration, il ne suffit pas d’appréhender la façon dont les immigrés d’une nationalité spécifique se sont intégrés. L’intégration résulte de divers rapports sociaux dépendants de l’époque au cours de laquelle l’intégration se passe, et de la politique de l’État en cette matière. L’élément central dans les processus d’intégration concerne sans doute moins les immigrés eux-mêmes que l’accroissement de l’intervention étatique dans la gestion de cette question. Plus exactement, on peut affirmer que si l’immigration est une affaire d’État depuis l’entre-deux-guerres, l’intégration est devenue une affaire d’État à la fin des années 1990. Il est possible de distinguer trois périodes différentes dans les processus d’intégration des immigrés : la période fordiste (des années 1930 à la fin des années 1970) ; la période des années 1970 à la fin des années 1990 ; et la période plus contemporaine. L’intégration des immigrés s’est aussi faite via un assouplissement du Code de la nationalité belge. Les nouveaux migrants sont aujourd’hui soumis à une politique étatique d’intégration, mise en œuvre sur le constat que l’intégration n’est pas un processus naturel résultant d’une longue installation dans un pays. Cette politique est principalement matérialisé en Belgique par l’inburgering beleid, appliqué en Flandre, mais dont des éléments commencent à émerger du côté francophone...