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Septembre 2019 | n° 348
23.500 Syriens en Belgique. 5,6 millions réfugiés à l’étranger
« Le peuple syrien ne se laissera pas humilier » était l’un des slogans scandé lors du soulèvement populaire au printemps 2011. La réponse du clan Assad ? La guerre totale est entrée dans sa 9e année, provoquant des centaines de milliers de morts et de disparus, provoquant le déplacement de la moitié de sa population, dont 5,6 millions à l’étranger, selon les chiffres de l’UNHCR (arrêtés à avril 2018).
La plupart des déplacés ont trouvé refuge dans les pays voisins, surtout en Turquie et au Liban, et dans une très moindre mesure en Europe. En Belgique, ils représentent 1 % de la population étrangère.
Comme tous réfugiés, ils ont besoin d’assistance, sans apitoiement, dans le respect de leur dignité. La dignité, c’est être traité comme un être humain, sur un pied d’égalité.
 

Sommaire
[EDITO] La banalisation de l’infâme
Alexandre ANSAY
Il y a quelques jours, méditant sur un banc, non loin des eaux calmes des Etangs d’Ixelles, je me suis rendu compte qu’une femme, silencieusement, s’était assise à côté de moi. Elle avait le visage de tous les humains.
La thanatocratie syrienne
Jonathan Piron
« Bachar al Assad a un slogan : "Assad, ou nous brûlons le pays !" Pour moi, cela veut tout dire ! » Lorsqu’il témoigne début 2016, cela fait déjà 2 ans que Mohamed Soleiman Almadfaa, professeur de français à Raqqa, a quitté son pays et est devenu réfugié en Belgique. L’État islamique règne alors sur sa ville d’origine, mais son propos est clair quant à celui qui porte la responsabilité du conflit civil : « Si Bachar al Assad ne s’accrochait pas à son "trône" comme il le fait depuis la révolution pacifique de 2011, Daesh n’aurait jamais eu l’importance qu’il a aujourd’hui».
Le piège de l’approche ethnico religieuse
Benjamin Peltier
Le conflit syrien s’est compliqué au fil des années jusqu’à ressembler pour beaucoup à une pelote de fils emmêlés, difficile voire impossible à comprendre. Face à cette complexité, il est tentant de chercher à remettre de la clarté dans ce champ de bataille en délimitant des cases et des camps simples et clairement identifiables. Or, invisibiliser les questions politiques en se focalisant sur les enjeux ethniques et convictionnels empêche de comprendre le conflit syrien. Décodage.
Entre hospitalité et hostilité
Hazem Yabroudi
L’exil syrien est devenu une fatalité pour moi… Regardons de plus près ce qui en résulte dans ce Plat Pays devenu mien. Témoignage sur l'exil et l'accueil. Ou peut-on devenir un réfugié épanoui ?
Une migration d’asile
Entretien avec Sophie Vause
La présence syrienne en Belgique n’est pas une longue histoire vu que sa cause principale remonte à la guerre déclenchée en 2011. Parmi les rares études en la matière, on trouve la recherche quantitative de Sophie Vause, démographe à Myria (Centre fédéral Migration), basée sur les chiffres du Registre national. Quelques courbes et graphiques pour mieux connaître une population qui a plus que quadruplé en six ans.
À Cureghem, secousses et décryptage
Nathalie Caprioli
Parmi les Syriens qui arrivent à Anderlecht à partir de 2015, il y a les Doms, une minorité inconnue, qui va bousculer des habitudes de quartier et certaines pratiques classiques des travailleurs de rue. C’est l’histoire d’incompréhensions et de chocs culturels, puis de décisions politiques communales éclairées par de bons diagnostics du terrain. Une expérience qui profite aujourd’hui à d’autres communes et acteurs sociaux… Même si le vivre ensemble reste à parfaire.
Une minorité à la marge
Bruno Herin
Qui sont les Doms ? On les appelle les Gitans du Moyen-Orient. De cette petite minorité installée notamment en Syrie où elle est estimée à 70.000 personnes, la plupart s’est enfuie sur les routes de l’exil. Certaines familles ont rejoint l’Europe après un long détour, traversant le Maghreb jusqu’au Maroc.
Qu'est-ce que l'astrophysique a à voir avec les réfugiés ?
Basel Adoum
Malgré l’ampleur de la «crise» des réfugiés syriens en Belgique et l’attention médiatique qu’elle a reçue, peu de recherches et peu de faits sont connus sur leurs contributions dans leur pays d’adoption1. Essai de présentation de quelques facettes de leur profil culturel à travers deux associations : RANA et Lagrange Points.
Bienvenus à la commune d’Anderlecht
Sarah Bellet
15 juillet 2019, 13h30, salle du conseil communal d’Anderlecht. Je les entends arriver dans le hall d’entrée. Discrètement, avec ma collègue photographe, je m’intègre dans le groupe pour suivre leur formation à la citoyenneté. Le sujet : comprendre le fonctionnement de la commune. Le défi du jour pour ces primo arrivants… comme pour moi.
Sofiane de Tanger ou de Damas
Nathalie Caprioli avec Mohamed Samadi
Concurrence territoriale au Parc de la Rosée à Anderlecht où des habitants du quartier se sont sentis « envahis » par l’arrivée massive de familles Doms de Syrie. Entre 2014 et aujourd’hui, comment les conflits ont-ils évolué, vers quelle résolution ? Promenade commentée par Karim Laabas, gardien de ce parc depuis 6 ans.
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