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Janvier 2020 | n° 350
Stéréotypes, préjugés, discriminations Le cerveau aux commandes
D’où proviennent les stéréotypes ? Ils ne surgissent pas de nulle part, ni par hasard. Tout concourt à ce qu’ils existent : l’éducation, la culture, les médias, les institutions, et aussi les machines de guerre qui alimentent la haine de l’autre et banalisent les discours racistes (on pense aux tweets de Trump and C°).
On construit les SDF, les migrants ou les toxicomanes comme des groupes dont il faut se méfier. Si on parvient à faire bouger ces constructions mentales dans notre cerveau, nécessairement les stéréotypes changeront. Par où commencer ? Eléments de réponse à travers la neurobiologie, la psychologie cognitive et diverses pratiques interculturelles qui nous rendent positivement interdépendants.
 

Sommaire
[Panoramique] Stéréotypes, préjugés, discriminations. Le cerveau aux commandes
Christine Kulakowski
D’où proviennent les stéréotypes ? Ils ne surgissent pas de nulle part, ni par hasard. Tout concourt à ce qu’ils existent : l’éducation, la culture, les médias, les institutions, et aussi les machines de guerre qui alimentent la haine de l’autre et banalisent les discours racistes (on pense aux tweets de Trump and C°).
On construit les SDF, les migrants ou les toxicomanes comme des groupes dont il faut se méfier. Si on parvient à faire bouger ces constructions mentales dans notre cerveau, nécessairement les stéréotypes changeront. Par où commencer ? Eléments de réponse à travers la neurobiologie, la psychologie cognitive et diverses pratiques interculturelles qui nous rendent positivement interdépendants.
Quand on croit savoir
Julie Terache, Doctorante en psychologie sociale à l’UCLouvain
On utilise souvent les termes de stéréotypes et de préjugés de façon interchangeable, alors que ces deux notions renvoient bien à des facettes différentes de notre rapport aux autres. En plus d’orienter nos comportements, les stéréotypes et les préjugés sont de véritables leurres produits par notre cerveau. Pourtant, à travers eux, nous avons l’illusion de comprendre notre monde et d’appréhender l’essence de ceux qui le constituent. Comment fonctionne cette tromperie ? Et surtout, comment pouvons-nous la maîtriser ?
[Préjugés…] Et si on regardait dans le cerveau ?
Pierre Vandenheede, Directeur pédagogique de l’Institut of Neurocognitivism
Pourquoi ? Pourquoi malgré nos convictions humanistes avons-nous fâcheusement tendance à trouver normal que les femmes s’occupent des enfants ? Pourquoi avons peur quand on croise un immigré mal habillé dans une ruelle sombre ? Pourquoi, au contraire, avons-nous plus facilement confiance en quelqu’un qui nous ressemble physiquement ? Mille réponses sont possibles, se pencher sur le cerveau et la psychologie cognitive apportera sont lots de réponses.
Des théories à la pratique
Mohamed Samadi, Formateur CBAI
La formation d’Agent de développement et de médiation interculturelle (ADMI) du CBAI existe depuis 1983. Elle participe à former des coordinateurs de projets socioculturels dans le contexte bruxellois. En quoi contribue-t-elle à lutter contre l’influence des stéréotypes (cognitifs), des préjugés (affectifs) et de la discrimination ?
Dans les chaussures de l’autre
Stéphanie Lecesne, Coordinatrice de formation au CEJI
Il serait plus facile de dire : « On a toutes et tous des stéréotypes, on ne peut rien y faire, alors ne faisons rien pour que ça change ! ». Pourtant, comment faire pour déconstruire nos stéréotypes ?
Comment concilier les mondes ?
Entretien avec Dieudonné Wamu Oyatambwe
Tous les Noirs se sentent-ils blessés par Zwarte Piet ? Tous les Blancs sont-ils racistes dès lors qu’ils convoquent leur culture pour justifier la raison d’être du Père Fouettard ? Comment faire pour empêcher de filer un mauvais coton identitaire ? Une mise en perspective avec Dieudonné Wamu Oyatambwe, docteur en Science politique.
[Recherche] Décodages de la réalité migratoire
Dora Vilner, Juriste en droit international public (protection des réfugiés)
Au printemps 2015, l’Europe assistait à ses portes à un afflux sans précédent de migrants empruntant les voies irrégulières et meurtrières de l’exil. La mort, cette année-là, de près de 4.000 d’entre eux en mer Méditerranée bouleverse l'opinion publique et le terme de « crise des migrants » fait son entrée dans le discours dominant, autant que dans l’agenda public européen. Quatre ans après le déclenchement de cette dite « crise », une équipe pluridisciplinaire de dix-huit chercheurs académiques européens, experts des questions relatives aux migrations, publie l’ouvrage La crise de l’accueil - Frontières, droits, résistances, sous la direction de Annalisa Lendaro, Claire Rodier et Youri Lou Vertongen, respectivement sociologue, juriste et politiste.
Faire de l’hospitalité un droit, pas seulement une faveur
Entretien avec Michel Agier
Le 11 octobre 2019, Michel Agier était de passage à Bruxelles à l’invitation de Culture et Démocratie. Pour l’anthropologue français, les nouvelles formes d’accueil des migrants par les citoyens renouent avec l’hospitalité privée, cette pratique sociale qui traverse toutes les cultures, mais elles sont aussi un acte militant contre des Etats qui ont abandonné l’hospitalité publique pour une politique de contrôle migratoire.