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Avril 2019 | n° 346
Populiste toi-même ! Liens entre populisme, racisme et extrême droite
Dans la perspective du triple scrutin de mai prochain, nous nous sommes emparés d’une question urgente : comment récuser les arguments et pratiques des extrêmes droites qui manipulent les peurs et détournent les réalités en mobilisant la "crise des migrants", en banalisant le racisme ?
Et dans la foulée, comment renouer avec la justice sociale et l’éthique de la responsabilité à l’heure où des partis démocratiques chassent sur les terres de l’extrême droite, par lâcheté ou par opportunisme ?
 

Sommaire
[Édito]
Christine Kulakowski

[Panoramique] Quand l’extrême droite monte Benjamin Peltier, chercheur à BePax
Benjamin Peltier
La montée des autoritarismes semble devenir une réalité un peu partout dans le monde : de l’Inde au Brésil, des nationalistes d’extrême droite ont pris le pouvoir. Dans un autre genre, plusieurs leaders de pays anciennement démocratiques tendent à éloigner toujours plus leur pays de ce standard: c’est le cas par exemple de la Turquie ou de la Russie. En Europe, nous ne sommes pas épargnés, de plus en plus de leaders autoritaires et populistes s’imposent sur leur scène nationale : Salvini en Italie, Orban en Hongrie ou encore Kaczyński en Pologne. Comment analyser cette tendance ?
Arrêt sur le mot
Nathalie Caprioli
Dans sa définition "prudente", le populisme désigne un style et un discours politique qui peuvent être de droite comme de gauche. Toutefois, ce n’est pas cette approche que nous avons retenue pour concevoir ce dossier.
[Immigration et intégration] Le double discours de la N-VA
Catherine Xhardez
Récemment, le discours de la N-VA par rapport à l’immigration a été sous les feux de l’actualité, que ce soit en raison des multiples déclarations polémiques de son ancien secrétaire d’État à l’Asile et aux Migrations, Theo Francken, ou de son rejet du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. Plus que jamais, la formation nationaliste s’est distinguée par ses propos très durs sur l’immigration, rapprochant de plus en plus son discours de celui du Vlaams Belang – de manière même assumée par Theo Francken.
Moins qu’une théorie, une parano
Catherine Wihtol de Wenden
Les églises bientôt transformées en mosquées ? La culture européenne en voie de disparition ?... La "théorie du grand remplacement" démographique détournée par l’extrême droite flatte des peurs irraisonnées. Et pourtant, elle ne tient pas la route à l’épreuve des chiffres. Prenez note !
Plus d’audace !
Michael Privot et Georgina Siklossy
Une fois de plus, le scénario de la montée de l’extrême droite aux prochaines élections du Parlement européen en mai 2019 est resservi. Comme en 2014, comme en 2009. Branle-bas de combat au sein des partis dits "démocratiques" pour tenter de mobiliser les troupes et sauver les meubles. Mais entre les législations contre le racisme et pour l’égalité, leur pratique et les bonnes intentions, il reste à renforcer l’interconnection des luttes.
Une fin du modèle Merkel
François Braem
Sachant que la démocratie-chrétienne allemande est la clef de voûte du Parlement européen, l’un des enjeux des élections européennes de mai 2019 porte sur le poids qu’y joueront les partis populistes, nationalistes et eurosceptiques. Ces partis annoncés comme en forte progression pourraient-ils constituer une minorité de blocage ?
Hongrie, Pologne Vers l’émergence d’un bloc illibéral ?
Anaïs Voy-Gillis
À quelques semaines des élections européennes, le discours tenu par les partis nationalistes en faveur de la construction d’une Europe des Nations constitue un véritable défi pour l’avenir de la construction européenne. Au sein du groupe de Višegrad, une alliance fondée sur le rejet de la politique migratoire européenne, Pologne et Hongrie y jouent un rôle prépondérant.
Quand #UsToo répond à #MeToo
Marc Sinnaeve
La problématique de la concurrence entre les attentes de distribution et de redistribution moins inégalitaire de la richesse, d’une part, et les revendications en faveur des droits des minorités, d’autre part, est un kérosène puissant qui alimente les vols à basse altitude des partis associés au populisme. Aborder cette question ne nous engage pas à choisir, sur le fond, entre les précarisés-déclassés et les minorités. Néanmoins, nous pensons que l’examen critique peut être utile… dès lors qu’il interroge non la substance des valeurs d’ouverture, d’hospitalité, mais la pertinence de la stratégie qui consiste à les brandir comme des normes indiscutables pour faire refluer la tentation populiste.
Populisme vs culture : d’un système culturel à l’autre
Pierre Hemptinne
Le populisme, c’est entendu, est la nouvelle peste. La production éditoriale est énorme qui analyse ce phénomène sociopolitique de manière raisonnée et en appelle à la guerre culturelle. BHL y va même, carrément, de sa pièce de théâtre ! Le danger n’est-il pas, en stigmatisant une telle figure de « méchant », de légitimer le populisme en ennemi valable et d’empêcher de s’attaquer aux vraies racines du mal ? Celles, capitalistes, qui biaisent les promesses démocratiques, génèrent rivalité et inégalité.
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