Décembre 2012 | n° 308 | Apocalypse, non peut-être!
Apports historiques et genèse du calendrier grégorien
Emile Biémont
Notre calendrier grégorien, qui dans sa forme actuelle remonte à la fin du XVIe siècle, a été influencé par des apports successifs des civilisations babylonienne, hébraïque, égyptienne, grecque et romaine. Ce système de décompte du temps, qui est un vrai monument de l’histoire, est maintenant largement dépassé eu égard aux progrès réalisés en physique et en astronomie, mais personne ne s’étonne plus de son anachronisme ni des anomalies qui le caractérisent encore...
La problématique du calendrier est bien connue mais elle n’a pas de solution exacte. Il importerait en effet de rendre compatibles les durées de l’année tropique ou année des saisons, de la lunaison ou mois synodique et du jour solaire vrai qui sont incommensurables. Ceci justifie la multitude des systèmes calendaires inventés par les hommes qu’ils soient purement lunaires, purement solaires ou qu’ils soient luni-solaires et explique aussi la complexité de la science hémérologique.
 
Les apports mésopotamiens
Les vallées du Tigre et de l’Euphrate ont connu, durant plusieurs millénaires, une des plus prestigieuses civilisations de la planète. Dans la basse Mésopotamie, la Chaldée eut comme centres de rayonnement les antiques cités de Nippur, d’Ur puis de Babylone. Les principales fonctions de l’astronomie babylonienne consistaient, d’une part, à déterminer les fondements de l’astrologie et, d’autre part, à établir les bases du calendrier lunaire en usage à cette époque. La prédiction des éclipses constituait également une préoccupation majeure des Babyloniens.
 
A partir du règne de Nabonassar (747-734 av. J.- C.), les observations des astronomes royaux furent consignées régulièrement pour constituer des éphémérides astronomiques. Ces «calendriers des travaux et des signes», relatifs aux différents mois de l’année, basés sur l’observation des phénomènes naturels, anticipaient les parapegmes grecs [1]. Le zodiaque et ses astérismes, cette zone de la sphère céleste s’étendant sur environ 8° de latitude de part et d’autre de l’écliptique et dans laquelle se meuvent le Soleil et les principales planètes du système solaire, sont issus également de l’astrologie babylonienne.
 
Lors de la période paléo-babylonienne (de 2004 à 1595 av J.-C.), avec l’unification des Etats, la nomenclature du calendrier babylonien s’imposa progressivement parmi les systèmes en vigueur dans les différentes cités. Les phases de la Lune constituèrent initialement les divisions de base des calendriers. Le début du mois, qui commençait avec la nouvelle Lune, était difficile à observer visuellement mais était prédit, avec précision, à partir de tables d’éphémérides. Il semblerait que, dès l’époque de Sargon l’Ancien (vers 2340-2284 av. J.-C.), les Babyloniens furent capables de calculer les éclipses avec une précision étonnante. Le calendrier chaldéen, basé sur les lunaisons, était commode pour la description de celles-ci car les éclipses de Soleil, qui ont lieu lors de la conjonction, étaient observées à la fin du mois tandis que les éclipses de Lune, apparaissaient à la pleine Lune soit vers le milieu du mois.
 
Pour maintenir le calendrier lunaire de 354 jours en accord avec l’année agraire à influence solaire, un mois supplémentaire devait être intercalé tous les trois ans environ. C’est le roi qui, périodiquement et par décret, décidait de cette intercalation. Très rapidement cependant des observations astronomiques furent utilisées, en particulier l’observation du lever héliaque de certaines étoiles. Un texte bien connu qui abonde dans ce sens est le texte promulgué par le roi Hammurabi (XXe s. av. J.-C.). Cette procédure empirique d’intercalation fut remplacée, apparemment vers la moitié du Ve s. av. J.-C., par l’usage d’un cycle de 19 ans, d’origine grecque, le cycle de Méton.
 
Les Sumériens utilisaient pour leur numération la base sexagésimale (base 60) dont l’origine reste mystérieuse. Elle pourrait résulter de la symbiose de deux cultures utilisant les bases cinq et douze, le système quinaire étant associé aux cinq doigts de la main et la base douze, également anthropomorphique, résultant du décompte des phalanges d’une main (pouce exclu).
 
Le mois constituait l’unité de base du calendrier babylonien. La sous-unité élémentaire (à savoir le jour) commençait au coucher du Soleil et était divisée en six veilles, de longueurs égales seulement aux équinoxes. La journée comportait 12 heures doubles d’égale durée. Ces heures doubles étaient elles-mêmes divisées en 30 parties, la précision de ces divisions étant d’ailleurs relative puisque les Babyloniens ne disposaient, comme instruments de mesure du temps, que du gnomon [2], du polos [3] et de la clepsydre [4].
 
Les premiers apports à notre système hémérologique actuel résultent de la civilisation mésopotamienne. Des Babyloniens, nous avons conservé la division partiellement non décimale du décompte temporel (24 heures dans une journée, heure de 60 minutes, et minute de 60 secondes) qui imprègne encore aujourd’hui notre vie quotidienne. La semaine de 7 jours, avec un jour de repos le dimanche, trouve aussi une origine très lointaine dans les superstitions de cette civilisation, les 7e, 14e, 21e et 28e jours du mois étant considérés comme néfastes et le repos était conseillé ces jours-là !
 
La complexité du décompte temporel hébraïque
 
Avant l’exil à Babylone  (VIe s. av. J.-C.), les Hébreux utilisaient un calendrier dont les noms de mois correspondaient au numéro d’ordre dans l’année à l’exception d’Abib, de Ziv, d’Ethanim et de Bul. Ils adoptèrent progressivement, durant leur exil, les noms des mois du calendrier assyro-babylonien. Le problème fondamental qui se pose au calendrier hébraïque est celui de l’établissement d’une correspondance entre les cycles solaire et lunaire. Dans le but d’approcher une lunaison de 29,5 jours, l’alternance des mois de 29 et 30 jours impose une correction intercalaire d’environ un mois tous les 3 ans. Les Hébreux adoptèrent d’abord une procédure empirique pour l’établissement de cette correction : peu avant l’équinoxe de printemps (mois d’Adar), en fonction de l’état de croissance de la végétation, les prêtres décidaient ou non de l’intercalation. Dès qu’ils eurent connaissance du cycle de Méton, les Hébreux l’adoptèrent.
 
Pour rappel, ce cycle de 19 ans comporte 7 années embolismiques (portant les numéros 3, 6, 8, 11, 14, 17 et 19) de 13 mois et 12 années communes pour 235 lunaisons. Les conjonctions moyennes du calendrier hébraïques permettent de déterminer l’instant précis de la néoménie (nouvelle lune)d’un mois déterminé, appelée molad(naissance) parce que la Lune semble naître à ce moment-là.
 
L’année du calendrier hébraïque comporte des mois de 29 (haser) et de 30 jours (male). Un mois de 30 jours est ajouté aux années embolismiques (années de 13 mois comme indiqué ci-dessus). La durée d’un mois synodique multipliée par 12 ou par 13 fournirait un nombre de jours fractionnaire. Pour conserver un nombre de jours entier, si l’on tient compte des contraintes religieuses imposées au début de l’année, on est amené à considérer un système assez complexe avec des années comportant 353, 354, 355 ou 383, 384 et 385 jours. Si les mois de Heshvanet Kislevtotalisent 30 jours, l’année est dite abondante (shelema); si Heshvanen compte 29 et Kislev30, l’année est régulière (segura), et enfin si ces deux mois ne comptent que 29 jours, on dira que l’année est défective (hasera).
 
La semaine des Juifs comporte 7 jours comme celle des Chrétiens. Le jour de repos, conformément à la loi mosaïque, est le samedi ou jour de Sabbat, le sixième jour portant le nom de parascève, préparation du Sabbat. Le jour du Sabbat commence au coucher du Soleil, mais le jour civil commence, lui, à minuit. On trouve ici l’origine de l’expression«entre les deux soirs» qui apparaît dans les textes sacrés.
 
De cette structure relativement élaborée que constitue le calendrier hébraïque, notre calendrier a retenu essentiellement l’institution de la semaine de 7 jours d’inspiration babylonienne mais conforme aux écrits bibliques. Le calendrier grégorien est essentiellement solaire mais l’aspect luni-solaire du calendrier hébraïque se retrouve dans la problématique de la fête de Pâques.
 
Rythmes solaires dans la vallée du Nil
 
Les Egyptiens utilisèrent initialement, comme tous les peuples primitifs, un calendrier d’inspiration lunaire. Si l’on en croit les égyptologues, ils le remplacèrent rapidement par un calendrier d’inspiration solaire, l’année comportant 360 jours répartis en 12 mois de 30 jours. Pour le peuple égyptien, les rythmes agraires revêtaient en effet une importance considérable. En particulier, le retour des crues du Nil était un événement attendu avec impatience et le jour de cette récurrence ne pouvait être calculé à partir d’un nombre entier de révolutions synodiques. Les inondations commençaient approximativement avec le solstice d’été et duraient environ 4 mois. Les 12 mois de 30 jours furent regroupés en 3 saisons de 4 mois, les tétramènes, qui correspondaient à la période des inondations, la période des semailles et celle des moissons.
 
Chaque mois était divisé en 3 décades. Aux 12 mois de 30 jours, on ajouta une période de 5 jours, les jours épagomènes, qui furent consacrés aux divinités majeures du panthéon égyptien, à savoir Isis, Osiris, Horus, Set et Nephtys.
 
A l’époque des pharaons (de 3150 à 31 av. J.-C.), le solstice d’été et le lever héliaque de l’étoile Sirius (que les Egyptiens appelaient Sothis) coïncidaient, à quelques jours près, avec le début des crues du Nil, une occurrence exceptionnelle qui définit le cycle sothiaque (1461 années égyptiennes).
 
L’année de 365 jours n’était pas en accord avec le retour des crues du Nil ni avec les solstices mais elle accusait un écart d’un jour tous les quatre ans. Les Egyptiens ne tentèrent pas d’apporter une correction supplémentaire mais se contentèrent de ce calendrier imparfait qui porte quelquefois le nom de calendrier vague. Ils considéraient même comme sacrée cette rétrogradation d’un jour qui présentait l’avantage de pouvoir consacrer successivement tous les jours de l’année, une aubaine pour un peuple très religieux !
 
Le calendrier égyptien a été en usage pendant toute l’histoire de l’Egypte ancienne. Les astronomes grecs adoptèrent aussi l’année égyptienne pour leurs calculs. C’est le cas des tables de l’Almageste de Ptolémée, l’année solaire étant plus simple à utiliser que celle du calendrier lunaire babylonien. Beaucoup plus récemment, Copernic, en 1543, utilisa encore l’année égyptienne dans son ouvrage De Revolutionibus orbium celestium. Nous avons conservé de ce calendrier les aspects résolument solaires qui imprègnent encore aujourd’hui notre calendrier grégorien.
 
Décades et parapegmes
 
Le calendrier grec servait bien davantage à faire connaître le retour régulier des fêtes religieuses qu’à indiquer les dates. En fait, il n’existait pas un seul calendrier mais une grande diversité de ceux-ci issue de l’organisation du pays en cités (Delphes, Delos, Athènes, ...). Au départ, ces calendriers étaient lunaires et alternaient les mois de 29 jours (caves) et de 30 jours (pleins). L’ajustement aux saisons agraires resta longtemps approximatif et, pour cette raison, les Grecs utilisèrent, durant de nombreux siècles, des calendriers de la vie pratique ou parapegmes. Le calendrier comportait 3 groupes de 10 jours ou 2 groupes de 10 jours et un groupe de 9 jours appelés décades à la manière des Egyptiens. Le jour commençait au coucher du Soleil et comportait une partie diurne et une partie nocturne, les deux formant le nycthémère.
 
L’usage de deux groupes de 12 heures, d’inspiration sans doute mésopotamienne, dut attendre l’introduction de la clepsydre mais la durée des heures ainsi définies présentait une variation saisonnière. Pour améliorer l’accord entre rythmes solaires et lunaires grâce à l’utilisation d’intercalations, un cycle de huit ans, appelé octaétéride fut introduit, dit-on, par l’astronome Cléostrate de Ténédos (VIe-Ve s. av. J.-C.). Vu l’insuffisance de la correction, il fallut adopter un système plus raffiné pour les intercalations qui fut l’œuvre de Méton.
 
Comme héritage relatif à la découpe du temps, l’Antiquité grecque nous a légué la tradition des parapegmes sous la forme des almanachs qui, pendant plusieurs siècles, furent l’élément dominant de la littérature de colportage dans les campagnes. Le comput ecclésiastique, en vigueur durant tout le Moyen Age jusqu’à la réforme grégorienne, fut largement inspiré par le cycle de Méton combiné à l’usage du nombre d’or. Il devait céder la place ultérieurement au système des épactes issu de la réforme grégorienne et encore utilisé actuellement pour la détermination de la date de la fête de Pâques.
 
Ides et calendes
 
Les premiers peuples qui occupèrent le Latium se servaient d’un calendrier lunaire. A l’époque de la fondation de Rome (VIIIe siècle av. J-C.), le calendrier ne comportait que 304 jours répartis en 10 mois de 30 ou 31 jours. Le calendrier fut réformé sous le règne de Numa Pompilius. Sous l’influence notamment de Pythagore (vers 580-495 av. J.-C.), il attribua 355 jours à la nouvelle année, il enleva un jour aux mois d’Aprilis, Junius, Sextilis, September, November et December qui n’en comptèrent plus que 29 et laissa les autres inchangés. Il ajouta 27 jours qu’il répartit sur 2 mois placés avant Martius. Il souhaitait que le début de l’année soit proche du solstice d’hiver plutôt que de l’équinoxe de printemps. Les Pontifes furent chargés d’appliquer le processus d’intercalation. Les mois étaient divisés selon 3 jours «charnière» : les calendes correspondaient au jour où le premier croissant lunaire apparaissait visible sur l’horizon, les ides marquaient en quelque sorte le milieu du mois tandis que les nones correspondaient au 9e jour avant les ides.
 
Vu l’incompétence notoire des Pontifes en matière de calendrier, les désaccords entre l’année civile et l’année solaire allèrent en s’accentuant et ce désordre croissant incita Jules César (101-44 av. J.-C.) à initier une réforme du calendrier qui, à partir de ce jour, devint julien. César fit appel à Sosigène, un astronome d’Alexandrie, qui s’inspira d’un calendrier à base astronomique du à Eudoxe.
 
L’année civile fut d’abord remise en accord avec l’année tropique puis la structure du calendrier elle-même fut réformée. La durée de l’année solaire fut fixée à 365 jours et 6 heures. Il fut décidé que, tous les 4 ans, l’année comporterait un jour supplémentaire, le fameux bissexte positionné en février. La durée des mois fut portée à 30 ou 31 jours (sauf pour février). L’ordre des mois fut conservé et il fut décidé que l’année commencerait en janvier.
 
Le calendrier julien, l’ancêtre direct de notre calendrier grégorien, était un bel édifice qui présentait un défaut majeur: il considérait que la durée de l’année tropique était de 365,25 jours. L’écart par rapport à la réalité est minime : environ 0,75 jours par siècle. Ce calendrier avait cependant le mérite d’apparaître comme un calendrier perpétuel. C’est en fait le passage à la semaine de 7 jours, d’inspiration chrétienne, qui va détruire ce bel édifice.
 
D’origine chaldéo-hébraïque, celle-ci n’était pas en usage chez les Grecs ou les Romains et, au début de l’ère chrétienne, elle n’était utilisée qu’à des fins ecclésiastiques. Sous l’influence croissante de l’Eglise catholique, un décret de Constantin, en 321, rendit légal le repos hebdomadaire du dimanche et l’usage de la séquence des 7 jours de la semaine se généralisa.
 
De ce calendrier julien subsistent l’ordre des mois et leur désignation quelque peu anachronique, l’aberration des mois de 31 jours issue des superstitions romaines et le système des années bissextiles toujours en vigueur depuis Jules César même s’il fut réformé ultérieurement.
 
La réforme grégorienne
 
Si l’on admet que la durée de l’année tropique vaut 365,2422 jours ou 365 jours 5 h 48 min 46 secondes, il en résulte qu’elle est plus courte de 0,0078 jours que l’année julienne. Ceci correspond à une différence de 11 min 14 s par an ou 0,78 jour par siècle. Si, au départ, cette différence paraît négligeable, les effets cumulés finissent par apparaître significatifs. On s’en rendit compte déjà à l’époque du Concile de Nicée, en 325 apr. J.-C. La différence alla en s’accentuant et, après maintes péripéties, que nous ne détaillerons pas ici, elle incita Grégoire XIII, en 1582, à entreprendre une réforme fondamentale du calendrier qui, à partir de ce jour, devint grégorien.
 
La réforme proposée par le pape Grégoire XIII comportait essentiellement deux étapes : il convenait d’abord de remettre le calendrier en accord avec l’année tropique, c’est-à-dire d’imposer que l’équinoxe de printemps arrive le 21 mars. Dans ce but, il fallut retrancher 10 jours à l’année 1582 (le lendemain du 4 octobre devint le 15 octobre). Ensuite, pour éviter à l’avenir les effets d’une nouvelle dérive, il fut décidé de supprimer 3 jours en 4 siècles, ce qui fut réalisé par une modification du système des années bissextiles: les années séculaires, qui toutes étaient bissextiles dans le calendrier julien, devinrent communes sauf celles dont le nombre de siècles est divisible par 4. La réforme grégorienne établit également que, pour fixer la date de Pâques, les lunaisons seraient désormais déterminées au moyen du système des épactes proposé par Luigi Lilio.
 
Quoique justifiée, la réforme grégorienne fut laborieuse à mettre en œuvre et elle fut difficilement acceptée surtout dans les pays non catholiques où elle mit plusieurs siècles à s’imposer. Actuellement le calendrier grégorien est devenu le standard de référence dans la plupart des pays du monde mais peu d’entre nous, en l’utilisant journellement, ont conscience que l’élaboration de ce «monument historique» prit plusieurs millénaires!
 
Emile Biémont est directeur de recherches honoraire du FRS-FNRS, Professeur honoraire de l’Université de Mons, membre de l’Académie royale de Belgique.
 
Auteur de :
Le calendrier et son histoire, Bull. Acad. Roy, de Belgique, 6e série, Tome VI, 15-71 (1996).
Rythmes du temps, Astronomie et Calendriers, De Boeck Université, 394 pages, Paris - Bruxelles (2000).
 
Notes
[1] Calendriers populaires associant les travaux des champs à la visibilité des constellations.
[2] Cadran solaire le plus simple constitué d’une tige verticale plantée dans le sol.
[3]Cadran solaire dont la tige est au centre d’une demi-sphère.
[4] Clepsydre: horloge à eau.
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