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Mars 2017 | n° 335 | Quelle politique culturelle voulons-nous ?
[Édito] Quelle politique culturelle voulons-nous ?
Vanessa Vindreau Imprimer Réagir
L a diversité culturelle recouvre des sens variés, allant de la protection des biens et productions culturels et artistiques au nom de l’exception culturelle à la participation de tous les publics à la création collective de la société.
Cette polysémie permet donc d’utiliser le mot à différentes fins dans l’action publique : sociale et économique principalement. Ainsi crée-t-on des événements publics porte étendards, à l’instar de Mixity, pour faire rayonner Bruxelles parmi les villes les plus créatives du monde. Ou encore privilégie-t-on une approche plus sociale de la diversité, comme dans le Décret de la cohésion sociale. Ici on favorise le ralliement des gens à une norme économique, permettant ainsi de pacifier et de " vivre ensemble " dans la ville.
 
En revanche, la diversité ne constitue pas un objectif pour les politiques culturelles, c’est-à-dire un horizon vers lequel une société de la diversité tendrait. C’est en substance ce que vient de nous rappeler la coupole " Démocratie et diversité culturelles " de Bouger les lignes qui souhaite la remettre au rang de priorité. Il est vrai qu’une telle conception de l’action publique culturelle demanderait de l’ambition politique pour questionner collectivement la pertinence des normes qui régissent le fonctionnement de la vie en société.
 
Actuellement, ce sont les actions de cohésion sociale qui amènent le plus de questions culturelles sur les fonctions collectives de notre société lorsqu’elles se heurtent aux limites posées par le travail avec les publics de la diversité. Mais elles apportent peu de réponses ou de vision de la société que nous aimerions partager ou pas.
 
Si la diversité culturelle ne se décrète pas a priori, il faudrait dès lors en faire une question sociale. C’est peut-être là tout l’enjeu de l’action culturelle d’aujourd’hui, celle qui émancipe mais qui rassemble aussi la société sur les questions de son devenir. Les émotions liées à la rencontre de l’art sont peut-être un biais plus facile d’accès pour traiter ensemble des différences qui fâchent.
 
Vanessa Vindreau