fil rss

Mars 2017 | n° 335 | Quelle politique culturelle voulons-nous ?
Diversification artistique et politiques culturelles
Marco Martiniello Imprimer Réagir
La diversité des villes multiculturelles européennes donne lieu à deux tendances contradictoires : d’une part une polarisation et une fragmentation ethniques, d’autre part, des mouvements vers plus d’intégration résidentielle et la formation de quartiers multiethniques où se développent la co-inclusion et les interactions entre les citoyens de différentes origines ethniques et sociales. Ces tendances contradictoires se marquent aussi dans le domaine artistique.
Deux tendances contradictoires semblent être simultanément à l’œuvre dans de nombreuses villes multiculturelles. D’une part, on observe une tendance à la polarisation et à la fragmentation ethniques. La ségrégation résidentielle, l’exclusion sociale et économique, les processus de discrimination ethnique et religieuse sont des réalités qui conduisent à la fermeture identitaire tant des groupes majoritaires que des groupes minoritaires. La formation de quartiers relativement homogènes à la fois au niveau socio économique et culturel a changé la morphologie de nombreuses villes au cours des dernières décennies.

Mais d’autre part, on observe parallèlement – et parfois dans les mêmes villes – des mouvements vers plus d’intégration résidentielle et la formation de quartiers multiethniques dans lesquels se développent la co-inclusion et les interactions entre les citoyens de différentes origines ethniques et sociales. Dans ces quartiers, les constructions culturelles métissées et la formation de nouvelles identités urbaines trans-ethniques répondent aux processus de fragmentation et contribuent à la réinvention de l’urbanité.

Dans les villes multiculturelles, la tension entre la polarisation et la séparation ethniques et culturelles objectives d’une part, et les mélanges ethniques et culturels d’autre part, se retrouve dans une tension-opposition analogue dans les discours publics (politiques, médiatiques, universitaires, civiques) entre, d’un côté, une apologie de la diversité ethnoculturelle célébrant le dialogue interculturel, et de l’autre une offensive anti multiculturaliste, post multiculturaliste ou néo assimilationniste.
 
Le multiculturalisme et son prétendu échec

En février 2002, lors d’un colloque organisé à l’Université de Montréal sur l’impact possible des alors récentes attaques du 11 Septembre 2001 sur les relations ethniques, je prétendais que, au fond, ni les politiques d’immigration et les politiques d’intégration, ni les relations ethniques au cœur des villes européennes n’avaient réellement changé. Certes, des problèmes majeurs préexistants tels que la construction de politiques migratoires restrictives et essentiellement sécuritaires, la montée simultanée de l’islamisme et de l’islamophobie, la persistance des discriminations ethniques et raciales, les tensions urbaines entre groupes rivaux se disputant un même territoire urbain, n’avaient pas disparu. Mais il était impossible de démontrer que les événements du 11 Septembre avaient provoqué leur aggravation. Aujourd’hui, avec un recul de près de quinze ans, il n’est guère contestable que la vague anti multiculturaliste déjà présente avant le 11 Septembre 2001 a gonflé, pour devenir un raz-de-marée face auquel la résistance est très difficile.

Cette vague anti multiculturaliste se caractérise par un questionnement discursif extrêmement critique de tout projet de société multiculturelle et par la réaffirmation d’un programme post multiculturaliste ou néo assimilationniste dans la gestion des réalités post migratoires. Plus précisément, la diversification ethnique et culturelle des sociétés européennes a été présentée comme une menace pour la cohésion sociale, en particulier au niveau des villes et des quartiers. La mobilisation de certains groupes minoritaires autour des questions identitaires a été de plus en plus communément interprétée comme une tentative de mettre en place une sorte de dictature des minorités qui devenait discriminatoire à l’égard des populations majoritaires. Par ailleurs, certains de ces événements ont été présentés comme la preuve que les politiques publiques mises en œuvre pour gérer ou promouvoir la diversité culturelle avaient elles aussi échoué, comme ont échoué tous les projets philosophiques et normatifs de société multiculturaliste liés à ces politiques.
 
La peur d’une dictature des minorités

Le contenu du discours anti multiculturaliste actuel n’est donc pas neuf. D’une manière très simplifiée, il revient à prétendre que dans des contextes post migratoires, le discours et les politiques multiculturalistes n’ont pas atteint leurs objectifs. Les discours multiculturalistes visaient à conjuguer unité et diversité tout en assurant l’intégration sociale et économique des immigrants et de leurs descendants. Les politiques multiculturalistes visaient quant à elles à assurer la cohabitation pacifique entre les différents groupes ethniques et culturels dans l’acceptation et le respect mutuels (ou à tout le moins la tolérance) de leurs spécificités respectives. Au contraire, ces discours et ces politiques auraient contribué à saper la cohésion sociale et même l’unité nationale. Ils auraient conduit à la fermeture identitaire et communautaire des groupes minoritaires issus de l’immigration. Ils auraient favorisé la ségrégation spatiale et l’augmentation dramatique du chômage parmi les membres des communautés immigrées et en particulier les jeunes. Ils expliqueraient aussi les mauvaises performances scolaires de nombreux jeunes issus de l’immigration. Bref, ils seraient à l’origine du profond sentiment d’aliénation et de frustration au sein des minorités ethniques et culturelles, qui auraient à leur tour mené à leur rejet de la société occidentale et européenne.
 
Un néo assimilationnisme pas si neuf

La solution à ces problèmes délicats serait un retour à un ordre du jour politique assimilationniste dans lequel la priorité serait d’exiger que les immigrés et leurs descendants se conforment aux normes et aux "valeurs" européennes, avant d’obtenir des droits politiques, économiques ou sociaux. Dans ce "modèle", la question de la reconnaissance d’une spécificité culturelle des immigrés éventuellement assortie de l’octroi de droits culturels devient au mieux secondaire car l’objectif principal à atteindre est précisément leur conformité, voire leur totale assimilation culturelle.

Ce genre de discours, parfois appelé néo assimilationniste, n’est en réalité pas du tout neuf. Il a nourri les critiques du multiculturalisme aux États-Unis bien avant le 11 Septembre 2001. Ce qui est nouveau et peut-être inattendu, c’est son retour au premier plan après une assez longue période d’ouverture discursive multiculturelle dans plusieurs grandes sociétés d’immigration de facto multiculturelles depuis plusieurs décennies.
 
Plus d’intégration, moins de cultures

Au-delà des discours, les politiques publiques ont été réévaluées. Dans certains pays ayant une tradition de politiques multiculturelles comme les Pays-Bas, les gouvernements ont fortement réorienté leurs politiques publiques en se détournant progressivement des politiques multiculturelles au profit de politiques d’intégration sociale, linguistique et économique aux accents clairement assimilationnistes et ce, déjà dans les années 1990. L’illustration récente la plus frappante de cette tendance peut être observée dans les programmes d’intégration des nouveaux migrants qui sont progressivement mis en place dans plusieurs États membres de l’Union européenne. Participer à ces programmes est de moins en moins une option pour de plus en plus de nouveaux migrants[1]. La participation est très souvent devenue obligatoire pour pouvoir bénéficier des allocations sociales et se voir reconnaître des droits. Leur contenu, bien que varié, met de plus en plus l’accent sur l’apprentissage et l’adoption de la langue du pays d’immigration ainsi que des normes et des valeurs culturelles du pays d’accueil, ce qui revient à tenter de mettre les nouveaux migrants en conformité culturelle avec leur nouveau pays le plus rapidement possible.

Par ailleurs, dans certains pays qui ont historiquement été très réticents à mettre en œuvre des politiques multiculturelles, la tendance à privilégier les politiques généralistes d’intégration s’est globalement renforcée même si, dans certains cas, on remarque une certaine ouverture à des politiques souvent associées à des modèles multiculturalistes. L’adoption de politiques de discrimination positive en France et la mise en place de plans de diversité dans les entreprises de certains pays peuvent être citées en exemple.
 
Les anti multiculturalistes et leurs contradictions

Quoi qu’il en soit, les discours anti multiculturalistes ne sont pas sans ambiguïtés et sans contradictions apparentes. Premièrement, la méfiance à l’égard de la diversité culturelle coexiste avec un discours qui met en évidence la nécessité de faire appel à une nouvelle immigration étrangère pour des raisons économiques et démographiques. Or, l’immigration étrangère est sans doute un facteur potentiellement important de diversification culturelle des sociétés et des villes européennes. La question pour les décideurs politiques est alors de savoir comment concilier l’objectif affirmé de réduire ou de contrôler la diversité culturelle d’une part, en courant le risque de l’accroître d’autre part ? La réponse réside-t-elle dans une sélection des nouveaux migrants sur une base culturelle et/ou religieuse ? Cela semble difficile à concevoir et à mettre en œuvre ouvertement, car une telle pratique irait explicitement à l’encontre de la philosophie de la non discrimination qui est censée inspirer les politiques européennes. Cependant, il ne serait pas surprenant que des moyens détournés soient utilisés pour décourager, par exemple, les musulmans d’immigrer en Europe.

Deuxièmement, il peut à première vue sembler contradictoire qu’une suspicion à l’égard de la diversité culturelle coexiste avec la mise en place de programmes favorisant la diversité. Suppose-t-on que l’octroi de postes et de privilèges individuels à l’élite des minorités ethniques issues de l’immigration, dans le cadre de ces programmes, aura pour effet d’empêcher l’émergence d’éventuelles revendications culturelles minoritaires ? La question mérite d’être posée. Mais au-delà, il semble évident que seule la diversité "light" et superficielle est encouragée dans ces programmes alors que la diversité "deep" et substantielle est fortement rejetée. Dans de nombreuses entreprises de plusieurs pays de l’Union européenne, les programmes de diversité consistent principalement à l’embauche d’employés et de cadres de différentes couleurs de peau et/ou d’origines ethniques différentes. Mais ces employés et cadres partagent très souvent la même culture et la même identité en raison de leur éducation et de leur formation dans des écoles de commerce similaires. En réalité, la diversité qu’ils sont supposés apporter n’est que très superficielle. Elle ne met pas en cause la culture et les valeurs fondamentales de leur entreprise, ni celles de la société en général. Cette illustration montre que la promotion de la diversité superficielle ne contredit pas les approches assimilationnistes plus générales qui se développent dans de nombreuses sociétés de l’Union européenne.

Troisièmement, il semble y avoir une contradiction entre la suspicion à l’égard du principe de la diversité culturelle et le fait que le respect de la diversité culturelle est présenté comme une valeur européenne. On peut faire l’hypothèse que la diversité culturelle qui est privilégiée dans les textes européens concerne les identités et les cultures nationales correspondant aux États membres de l’Union européenne et pas tant celle qui est portée par les immigrés en provenance du reste du monde.

Par ailleurs, le retour en force des discours assimilationnistes peut certainement être lié à la remise en question de l’identité nationale dans des États-nations dont la logique a été perturbée par la mondialisation économique, par l’intégration politique européenne ainsi que par la dynamique des migrations et les demandes de reconnaissance culturelle émanant de certaines communautés d’immigrés. L’affirmation d’identifications ethno nationales parmi les communautés issues de l’immigration et l’ouverture à l’égard d’identités post ethniques et post nationales, ou au moins d’identités plus perméables à la diversité dans les années 1980 et 1990 d’une part et le regain de vigueur des identités nationales majoritaires à l’origine des discours anti multiculturalistes de l’autre, ne peuvent être compris que dans le système complexe d’influences réciproques qui les lie.
 
Qu’en est-il des arts et de la culture ?

Dans tous ces débats et ces politiques publiques au sujet de la diversité culturelle et de sa gestion, les arts et en particulier les productions artistiques des minorités ethniques, religieuses et immigrées sont souvent ignorés ou au mieux considérés comme non pertinents et non problématiques.

L’accent est mis sur les cultures au sens anthropologique et sur les valeurs culturelles, dont la définition est loin d’être consensuelle et de plus en plus, sur la religion en général et sur l’islam en particulier. La pertinence des pratiques artistiques des minorités est négligée et elles ne sont souvent pas considérées comme aussi importantes que les défis sociaux et économiques, sauf bien sûr pour les acteurs sociaux directement impliqués dans les domaines de l’art. Ainsi, il est remarquable que le premier livre qui a examiné en détail l’importance des arts dans la vie des immigrés aux États-Unis n’ait été publié qu’en 2010[2]. En Europe, deux numéros spéciaux de revues dédiés en partie à cette question ont vu le jour en 2008[3]. L’importance des arts et de la culture dans l’intégration des immigrés et de leurs descendants demeure un sujet relativement peu exploré dans la littérature de la science sociologique sur les migrations et l’intégration.
 
Trois plans : culturel, social, politique

Afin d’examiner la pertinence des arts dans les débats théoriques et politiques sur la diversité et le multiculturalisme dans les villes multiculturelles, le cadre de recherche proposé par Steven Vertovec[4] (directeur de l’Institut Max-Planck d’étude des religions et de la diversité ethnique) constitue une entrée en matière intéressante. Il se concentre sur trois aspects : culturel, social et politique.

Au niveau culturel, l’objectif est d’examiner comment les productions artistiques des immigrés et des minorités ethniques changent la scène artistique locale, en d’autres termes la configuration locale de la diversité culturelle. Comment les productions artistiques des immigrés et des minorités ethniques inspirées (ou pas) par leur expérience de la migration et/ou de la discrimination enrichissent-elles les patrimoines artistiques locaux à travers des processus tels que le métissage, la fusion et l’invention culturels ?

Au niveau social, on peut explorer l’idée selon laquelle les arts peuvent aider à construire des ponts, à faciliter les rencontres entre les différentes populations vivant dans un espace urbain partagé. En d’autres termes, les arts populaires peuvent devenir un moyen de communication et de dialogue entre les différents individus ou groupes partageant la même ville ou le même quartier. Certaines formes artistiques comme la musique ont à cet égard un énorme potentiel spécifique de rassemblement et de communication émotionnels au-delà des barrières linguistiques et culturelles.

Au niveau politique, la question de la représentation de la diversité dans les politiques culturelles et artistiques nationales, infranationales et locales en particulier mérite d’être examinée : les productions des artistes immigrés ou issus des minorités ethniques sont-elles soutenues symboliquement et financièrement par les institutions culturelles officielles ? Les politiques artistiques locales deviennent-elles multiculturelles ? Comment les artistes immigrés et issus de l’immigration se mobilisent-ils pour changer les politiques culturelles ? Dans quelle mesure les arts populaires peuvent-ils être un outil utile dans les politiques d’intégration et de cohésion sociale locales dans les villes migratoires et post migratoires ?
 
Les arts urbains : quel impact ?

Par ailleurs, on peut aussi examiner dans quelle mesure les expressions artistiques émanant des populations urbaines populaires – et donc par la force des choses aussi des populations ethnicisées issues des migrations – peuvent constituer des réponses aux difficultés caractéristiques de la période de transitions sociale, économique et politique actuelle à l’échelle mondiale que nous qualifions communément de crise.

L’engagement dans les arts urbains ou plus généralement dans les arts en milieu urbain peut-il être une réponse aux difficultés qu’éprouvent de nombreux jeunes des milieux populaires en général et d’origine immigrée en particulier, à trouver une place sur le marché du travail conventionnel ? Les expressions artistiques peuvent-elles encore être porteuses de contestation sociale ? Les arts peuvent-ils être un moyen de construction et d’affirmation d’identités collectives en milieu urbain ? Ces questions méritent d’être posées pour toutes disciplines artistiques présentes en milieu urbain (musique, cinéma, théâtre, danse, littérature, performances publiques, etc.) ainsi que pour tous les styles au sein de chaque discipline.

D’aucuns parlent d’"Art urbain", au singulier et avec une majuscule. Selon le Séminaire Robert Auzelle, l’Art urbain se définit comme l’"ensemble des démarches pluridisciplinaires pour améliorer le cadre de vie avec un souci d’évaluation de la qualité architecturale, de la qualité de la vie sociale et du respect de l’environnement". Bien que se revendiquant d’une approche pluridisciplinaire, les partisans de cette définition se trouvent principalement parmi les architectes et les "urbanistes" dont une des caractéristiques est souvent d’accepter comme normale une sorte de "déterminisme du bâti et de l’aménagement du territoire". Ainsi, pour améliorer les relations interculturelles dans une ville, il suffirait par exemple de créer soit une plage publique dans certaines villes côtières qui n’en disposent pas ou encore d’une agora ouverte à toutes et tous.

Nul ne met en doute que les manières d’aménager le territoire et le type de constructions ont un impact sur les relations sociales. Toutefois, penser que changer l’affectation du territoire modifiera mécaniquement les relations entre les individus et les groupes peut sembler assez simpliste. Par ailleurs, cette définition ne permet pas d’appréhender de manière précise les liens entre l’urbanisme comme discipline et les formes d’expressions artistiques (musique, danse, etc.) qui se développent dans les espaces urbains.

D’autres parlent plutôt d’"art urbain" (au singulier et en minuscule) d’"arts urbains" (au pluriel et en minuscule), de "cultures urbaines", ou encore "d’arts de la rue " (Street Art). Ces expressions ne recouvrent pas exactement les mêmes pratiques de création et de présentation des œuvres artistiques. Toutefois, elles renvoient toutes à des conceptions assez proches de l’art comme étant :
  • largement inspirées par le mouvement hip-hop né dans les villes d’Amérique du Nord dès la fin des années 1960 déjà mais qui est arrivé chez nous vers la fin des années 1970 et surtout durant les années 1980. Ainsi, ces expressions renvoient souvent au rap, au graffiti, au tag, au slam, aux différentes danses qui ont succédé au breakdance, etc. ;
  • donnant lieu à des performances en dehors des institutions artistiques traditionnelles et établies, notamment dans la rue et les espaces publics ouverts ;
  • étant largement ouvertes aux autodidactes et dès lors ne reposant pas sur une distinction rigide entre les artistes et ceux qui ne le seraient pas ;
  • enracinées au départ dans l’expérience d’exclusion, de discrimination vécue par les minorités populaires ethnicisées, "racisées" et économiquement faibles, même si par la suite certaines des disciplines ont été en partie appropriées par les bobos urbains des classes moyennes issus de la majorité ethnique.
Ces formes d’expression et de création artistique sont indubitablement urbaines. Elles occupent une place centrale dans la vie des jeunes générations issues des minorités immigrées, ethnicisées et "racisées" et au-delà. Toutefois, elles n’épuisent pas le répertoire des arts en milieu urbain. Toutes les formes de création et d’expression qui naissent, se développent ou se transforment en milieu urbain sont dignes d’intérêt. Qu’il s’agisse de musique, de danse, de théâtre, de mode ou de design, de peinture, de photographie, de vidéo, de cinéma, de littérature, de performances et d’installations, etc., l’éventail des formes d’expression et de création artistiques liées à l’expérience de vie en ville est illimité. Toutes méritent d’être considérées dans les réflexions sur les arts et la ville multiculturelle bien au-delà de celles qui sont historiquement et en partie liées au hip-hop.

En d’autres mots, s’il est intéressant d’étudier les arts et les cultures urbains, il est tout aussi important d’examiner le développement et l’impact de toutes les autres formes d’expression et de création artistiques qui se développent en milieu urbain.
 
Marco Martiniello est directeur de Recherches au FRS-FNRS, directeur du Centre d’études de l’ethnicité et des migrations (CEDEM) à l’ULg
 
Cet article résume celui paru in SociologieS, dossiers, Diversification artistique et politiques culturelles, mis en ligne le 7 mars 2014, consulté le 7 mars 2017. Les intertitres sont de la rédaction. http://sociologies.revues.org/4595
 
Notes
[1] A ce propos, lire l’article de Barbara Herman, "Questions et débats sur l’obligation", in L’Agenda interculturel n° 334, janvier 2017.
[2] DiMaggio P. & Fernandez-Kelly P. (dir.), Art in the Lives of Immigrant Communities in the United States, New Brunswick and London, Rutgers University Press, 2010.
[3] Martiniello M. & Lafleur J.-M., " Etnic Minorities’Cultural Practices as Forms of Political Expression ", in Journal of Ethnic and Migrations Studies, vol. 34, n° 8, pp. 1191-1215. Martiniello M., Puig N. & Suzanne G., " Création en migrations. Parcours, déplacements, racinements ", in Revue européenne des Migrations internationales, vol. 25, n° 2, pp. 1-140, 2009.
[4] Vertovec S., Conceiving and Researching Diversity, MMG Working Paper 09-01, Göttingen, 2009.