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Mai 2017 | n° 336 | Migrants adoptés
Une vie coupée en deux ?
Cécile Delannoy Imprimer Réagir
Comment cultiver les conditions pour que l'enfant adopté puisse passer d'une "désappartenance" à une "réappartenance" ? Comment aider un enfant à accepter d’avoir quitté un milieu d’origine, un milieu culturel qui lui était "naturel" parce qu’il était celui de l’origine, antérieur à toute conscience et à tout questionnement, pour qu’il adopte lui aussi d’autres parents, un autre pays le plus souvent, une autre culture presque toujours ? Comment accepter la perte, d’un côté, et le changement, de l’autre ?
Ce thème de réflexion m’amène d’entrée de jeu à poser la question de l’âge d’adoption de l’enfant. Le rêve du parent qui adopte est presque toujours de se voir confier un nourrisson, un tout petit qui ne parle pas encore et dont le couple adoptant sera pendant plusieurs années le seul horizon. Autrement dit d’avoir un enfant qui tisse ses premiers liens d’appartenance avec sa famille adoptive. Un enfant qui n’aura pas d’autres souvenirs que ceux vécus dans sa famille adoptive. Pour qui le concept de désappartenance n’est guère pertinent. Certes le choc d’apprendre, puis de comprendre qu’il est né d’autres parents, qu’il vient d’ailleurs, qu’il y a derrière lui cette béance, cet abandon, est parfois violent et très déstabilisant, autrement dit l’adoption précoce ne constitue pas une garantie absolue de vivre une adoption facile, mais c’est un sujet que je n’aborderai pas ici. Je choisis de parler des enfants adoptés à un âge plus avancé, et je vais d’abord expliquer pourquoi je fais ce choix.

Les abandons d’enfants à la naissance sont devenus assez rares, parce que les moyens contraceptifs permettent d’éviter plus souvent les grossesses non désirées. Si en France (le pays d’où je parle) les naissances sous X se maintiennent à un niveau à peu près stable depuis des années, le nombre de ces enfants adoptables très petits ne suffit pas, et de loin, à satisfaire la demande des candidats à l’adoption. Dans le même temps, les pays étrangers qui confiaient naguère leurs enfants abandonnés ou délaissés à l’adoption internationale sont en passe de développer l’adoption en interne, à la faveur du développement pour plusieurs d’entre eux, et souvent en référence à la Convention de La Haye sur la protection de l’enfant et la coopération en matière d’adoption internationale (1993). En sorte que les nourrissons sont de plus en plus souvent adoptés dans leur pays d’origine et que seuls sont confiés à l’adoption internationale les enfants grands, les fratries, et les enfants atteints de maladies ou de handicaps. Aujourd’hui, dans nos pays développés, adopter c’est de plus en plus souvent accueillir un enfant déjà grand, qui a des habitudes culturelles et des souvenirs, qui ne peut pas tirer d’un coup un trait sur son passé. Pour qui les concepts de " désappartenance " et de " réappartenance " sont donc très pertinents.
 
Ne pas rayer le passé

Un simple exemple : ce petit garçon de six ans qui a été adopté il y a quelques mois, par une famille où il s’est découvert une sœur, adoptée elle aussi. Il dit un jour à la table de famille (en substance, dans un français encore hésitant) : " Maman, quand on me demande à l’école si j’ai des frères et sœurs, qu’est-ce qu’il faut dire ? Que j’ai une sœur en France, ou que j’ai quatre frères et sœurs en Colombie ? ". A cet âge-là, une famille n’en efface pas une autre !

L’enfant adopté avant deux ou trois ans, sans souvenir, fantasme sur une mère de naissance qu’il n’a pas connue et se demande souvent aussi s’il a des frères et sœurs dans sa famille d’avant, s’il est le seul à avoir été abandonné. Un enfant qui a des souvenirs sait qu’il a une famille ailleurs, en a parfois la nostalgie, se sent éventuellement coupable de manger à sa faim sachant les siens en difficulté… Nombreux sont ceux qui en parlent avec leurs parents adoptifs, demandent pourquoi leurs frères et sœurs n’ont pas été adoptés comme eux, le reprochent à leurs parents, souhaitent revoir leur fratrie. Et vivent leur identité de Français comme un trait tiré sur leur passé.
 
Double appartenance ou identités successives ?

Je me pose donc aujourd’hui la question de la pertinence de ce statut d’enfant adopté en adoption plénière qui est notre modèle unique. Statut qui peut être vécu par l’enfant comme un couperet, sans beaucoup de respect pour sa sensibilité, son affectivité, comme s’il devait immédiatement se réjouir de retrouver une famille. Qui coupe la vie de l’enfant en deux, sans transition (même si certains pays d’origine travaillent remarquablement à préparer l’enfant). Une vie coupée en deux : me revient en mémoire le cas de cet enfant, appelons-le Gaspard, qui évoque quelque événement de son passé en disant : " Quand j’étais Ibrahim je… ". Non pas " quand je m’appelais Ibrahim " mais " quand j’étais…". Le nom, c’est précisément la première forme que prend notre identité, le marqueur le plus significatif. Cet enfant a eu deux identités successives, c’est ainsi qu’il le vit. Une coupure, une cassure … donc une violence qui lui a été faite. " Au début, écrit Barbara Monestier1 parlant de ses futurs parents dans " Dis merci ! ", ils passaient comme ça, comme de simples visiteurs. Puis un jour, ils sont venus pour m’arracher à ma vie ". Elle avait alors quatre ans et demi, et la première chose qu’elle se souvient avoir dit à ses futurs parents c’est " Yo me llamo Barbara Reyes ". Je m’appelle Barbara Reyes !

L’adoption simple existe bien pourtant, qui conserve à l’enfant son prénom et son nom de famille accolé à celui des parents adoptifs, ce qui respecte l’histoire de l’enfant, mais elle est surtout utilisée lorsqu’un décès ou un divorce amène, au sein d’une famille, un second père ou une seconde mère à élever un neveu ou l’enfant d’un conjoint. Notre modèle d’adoption en France est l’adoption plénière, celle qui donne à l’enfant le maximum de sécurité, les mêmes droits exactement que tout autre enfant dans une famille, mais qui peut être vécue par eux comme une violence, un arrachement, un mensonge légal.

Lors de l’enquête et des interviews que j’ai été amenée à conduire pour écrire mon premier livre sur l’adoption, j’ai rencontré une femme procureur dans un tribunal de la région parisienne. Il se trouve qu’elle avait eu à connaître un très grand nombre de cas où des jeunes mineurs venus de l’étranger s’étaient retrouvés seuls en France, exposés à tous les risques d’exploitation qu’on peut imaginer. Elle avait fait son travail en tant que procureur, mais mère adoptive déjà elle avait souhaité faire plus. Elle avait créé une association pour venir en aide à ces jeunes, mobilisé de nombreux amis, ouvert un foyer d’accueil, et avait également continué à adopter certains de ces jeunes déjà grands. Et elle me confiait que les relations avec ses enfants adoptés n’étaient pas toujours faciles, loin de là, qu’il y avait chez certains d’entre eux une forte hostilité, cependant que les jeunes aidés par l’association lui donnaient toute satisfaction, qu’elle avait avec tous d’excellentes relations. Il s’agit bien sûr d’un cas exceptionnel, d’une personnalité hors norme… On ne peut pas généraliser à partir d’un tel cas, mais il incite pourtant à réfléchir à la nécessaire prise en compte de l’existence antérieure de nos enfants, au fait que leur identité est déjà construite, à la distance affective qu’ils peuvent souhaiter garder, au risque qu’ils se sentent liés trop serrés pour faire eux-mêmes un pas vers leurs nouveaux parents, ou trop en dette pour bien vivre la relation. Dans l’exemple ci-dessus, l’association tendait la main aux jeunes pour les aider tout en respectant leur identité, alors que l’adoption pouvait être vécue par eux comme une confiscation de leur liberté (ils étaient, il est vrai, déjà adolescents).

En disant cela, je ne prétends aucunement que la voix du sang l’emporte sur la filiation juridique et affective, ce n’est pas l’étranger génétique que je crois indispensable de respecter, c’est l’"identité narrative" de l’enfant : il a connu, avant de vivre avec nous, une autre vie qui est inscrite en lui, définitivement.
 
En prenant le problème à l’envers

Y a-t-il un comportement parental susceptible d’exacerber le conflit du jeune adopté face à ses parents, en particulier à l’adolescence ? Je n’ai pas de certitude ni de preuve irrécusable, il me semble pourtant que c’est plus souvent l’hyper protection, l’hyper anxiété, l’hyper vigilance, trop de présence et d’attente affective qui sont insupportables à certains de nos adolescents. Une présence insistante, un cocon enveloppant, témoignent d’une inquiétude qui est perçue par le jeune comme un manque de confiance, une restriction de sa liberté, un excès de parentalité. De Barbara Monestier encore, cette remarque, à propos de son premier voyage retour, comme jeune adulte, dans son Chili d’origine : " Mon père avait tout préparé. (…) Tout était organisé, balisé et m’était offert sur un plateau d’argent. Confusément, cela me gênait. Je n’osais le dire ".

A cela s’ajoute parfois le fait que la famille adoptive en difficulté avec un adolescent tend à se refermer sur elle-même, par souci de cacher ce qu’elle ressent comme un échec. Le huis clos exacerbe les problèmes ! Ce jeune qui a manqué de soutien affectif dans la petite enfance s’est habitué à ne compter que sur lui, à régler seul ses problèmes. Plus il arrive grand dans sa famille, plus l’équilibre à réaliser entre le soutien que ses parents peuvent lui apporter pour lui permettre de vivre une enfance normale, insouciante, confiante, et la distance qu’ils doivent respecter pour manifester leur respect d’une personnalité déjà construite, plus cet équilibre est difficile à trouver : il est différent pour chaque jeune adopté, et s’oppose à la pulsion d’aide du parent qui n’a pas pu pouponner, qui ne sera jamais " tout " pour cet enfant, qui ne pourra pas tout réparer, tout effacer. L’enfant adopté grand a besoin qu’on lui fasse confiance pour se faire confiance, il a besoin de se sentir libre, de prendre des risques (et il prend souvent de vrais risques !), de percevoir que ses parents respectent en lui son expérience d’une vie différente, sa part inaliénable d’étranger.
 
" Vos enfants ne sont pas vos enfants "

En attendant que les formes juridiques d’adoption évoluent (je vais y revenir), que peuvent faire, positivement, les parents, en particulier lorsqu’ils sentent chez leur enfant une révolte contre ce statut d’adopté qui lui a été conféré sans son accord ? Ouvrir l’horizon, je veux dire élargir le cercle des fréquentations dès que l’enfant a pris ses marques dans la famille : " Vos enfants ne sont pas vos enfants, a écrit Khalil Gibran, ils ne vous appartiennent pas ". Combien vrai pour nos enfants adoptés ! Lors de l’enquête que j’ai menée en 2001-2002, m’avait frappée également le nombre de cas où les parents mentionnaient le fort attachement de l’enfant a un autre membre de la famille, souvent les grands-parents, mais aussi où des parents se sentaient en rivalité avec un mi ou un membre de la famille qui leur semblait prendre trop de place dans la vie de l’enfant. Ils le vivaient comme une sorte de captation, alors que pour l’enfant il s’agissait d’une aide à vivre, plus respectueuse de sa liberté puisque c’est lui qui en avait fait le choix. L’amour ne peut pas être rendu obligatoire dans une famille, les adultes le savent bien, qui sont nombreux à se séparer, à divorcer. Le jeune qui n’a pas fait le choix d’être adopté a le droit de faire un choix d’amour, d’exprimer une préférence pour un adulte qui n’est pas son parent. Si dur à accepter que ce soit pour les parents (je l’imagine sans peine), c’est cependant à respecter, voire à favoriser, dans l’intérêt de l’enfant.
 
Le respect d’une distance affective

Cela peut aller (dans certains cas assez rares) jusqu’à accepter la remise en cause de leur statut de parents sur le plan affectif (tout en réaffirmant le caractère juridiquement définitif du statut) : dire à l’enfant qu’il peut si c’est plus facile à vivre pour lui nous considérer comme un parrain, comme un ami, un tuteur, un oncle (même chose mis au féminin) à qui il est confié pour l’aider à grandir, de manière à alléger le sentiment de dette et à éviter une trop forte demande affective. Plus la demande affective est forte, moins le jeune peut y répondre, et son sentiment de n’être pas à la hauteur de l’attente vire facilement à la haine ! On devine sans peine, en ce cas, que l’enfant ne risque pas de combler un parent insatisfait dans son couple. Il faut au contraire un couple très solide pour accepter d’aimer l’enfant plus qu’il ne nous aime. Ce qui est vrai d’ailleurs dans toute famille !

Autre piste : permettre au jeune de donner autant qu’il reçoit, et reconnaître ce qu’il apporte. Une attitude de parent sauveur qui donne tout met le jeune dans une relation de dette étouffante. Comment peut-il s’identifier à ses parents s’il n’est pas reconnu aussi comme enfant qui donne, qui apporte, qui aide… ? Savoir dire " Nous sommes en difficulté en ce moment, nous avons un problème, nous avons besoin de ton aide, penses-tu que tu en auras la force ? ", et savoir remercier ensuite, c’est établir avec le jeune une relation positive et valorisante, et l’aider à grandir dans une confiance mutuelle. Là encore Barbara Monestier relève qu’à la question " Pourquoi m’avez-vous adoptée ? ", " ils ne me répondaient jamais, en tout cas jamais de façon satisfaisante. Ils se contentaient de me dire qu’ils avaient désiré rendre une petite fille heureuse ". Alors que la vraie réponse, celle qui pouvait aider l’enfant, celle qui efface définitivement la dette, c’est qu’avoir un enfant était leur désir le plus intense et que l’adopter avait fait leur bonheur.
 
Les foyers en question[2]

Mais je souhaite aller plus loin et revenir sur le problème juridique de l’adoption nationale (puisque l’adoption internationale tend à disparaître), lorsqu’il s’agit d’enfants déjà grands. Nombreux sont en effet les enfants, retirés à leurs parents de naissance en raison des carences éducatives de ces derniers (quelle qu’en soit la raison), confiés par conséquent à la Protection de l’Enfance et placés en familles d’accueil ou en foyers, des enfants qui ne sont pas là à titre provisoire mais dont on sait assez vite qu’ils y passeront toute leur enfance. Qui, de fait, y passent toute leur enfance, jusqu’à la majorité. Lors d’une enquête longitudinale sur le devenir de 129 enfants confiés à la Protection de l’Enfance et placés en famille d’accueil avant l’âge de 4 ans, le Dr Daniel Rousseau, pédopsychiatre à Angers, relève que 80 % de ces enfants étaient encore sous le même statut à l’âge de 17 ans. Dans 71 cas il y avait eu tentative de restituer l’enfant à sa famille, et dans les deux tiers des cas (49) la restitution avait échoué et l’enfant avait retrouvé son statut d’enfant placé. Le devenir de ses enfants ne laisse pas d’inquiéter : troubles psychiatriques et échecs scolaires fréquents, poursuites judiciaires également pour plus de 20 % d’entre eux. Un simple exemple : 15 % seulement de ces enfants ont obtenu le brevet des collèges alors que la proportion dans la population générale est de 85 %. Même si les familles adoptives connaissent des difficultés, l’adoption donne aux enfants plus de chances dans la vie que le placement en familles d’accueil ou en foyer. Meilleur niveau d’études, meilleure insertion dans la vie professionnelle et le tissu social, meilleure santé psychique, etc.
 
Une équation pas si simple

D’un côté donc des candidats à l’adoption qui voudraient adopter des tout petits mais se heurtent à la raréfaction des bébés adoptables. De l’autre des enfants déjà grands, éloignés de leurs parents, confiés à un service de protection de l’enfance, qui est loin de donner entière satisfaction malgré un coût très élevé, et qui se heurte aujourd’hui à une pénurie de recrutement de familles d’accueil. Est-il pertinent de rapprocher ces deux réalités ?

Rien de moins sûr ! On ne transforme pas d’un coup de baguette magique le désir d’avoir un tout petit à aimer et à élever en décision d’adopter un enfant grand qui arrive avec son caractère, ses habitudes, ses émotions, et tout son passé. Il faut à la fois faire le deuil du bébé qu’on désirait si fort, et de l’autre accepter le risque que l’enfant grand qu’on accueille vive son adoption dans la révolte. Et ce risque est important pour l’équilibre psychique et pour la santé du couple. Il l’est aussi pour le jeune, s’il vit mal son adoption : on ne peut pas assurer avec certitude que des parents réussiront mieux que les familles d’accueil. Même s’il faut prendre en compte que le placement en famille d’accueil s’arrête à la majorité du jeune, alors que les parents le sont à vie entière et soutiennent leurs jeunes à ce moment charnière de leur vie, même lorsque la relation affective est très perturbée. Rien de moins sûr également parce que les habitudes de pensée en France tendent à considérer comme possible que l’enfant rejoigne un jour ses parents de naissance, et que ce primat du lien du sang amène à différer les décisions stables et définitives… Plus tôt et plus vite après signalement est prise la décision de retirer l’enfant à la famille défaillante, plus grande est la chance que cet enfant ait une vie normale plus tard. Là encore, l’étude du Dr Daniel Rousseau[3] fournit des indications très convaincantes.
 
L’avenir de l’adoption…

C’est pourquoi je propose (j’ose suggérer) de miser sur un statut intermédiaire entre famille d’accueil et famille adoptante, un statut voulu stable et définitif par l’adulte (le jeune doit être sécurisé, assuré qu’on ne l’abandonnera pas une nouvelle fois), mais un statut plus respectueux du passé de l’enfant et évolutif si le jeune le souhaite. Je pense à une forme de parrainage, ou au statut de " tiers digne de confiance " auquel l’enfant serait confié sans que son état civil soit modifié, avec délégation complète de l’autorité parentale, possibilité pour le parent d’avoir recours à l’aide de professionnels (de psychologues ou psychothérapeutes), mais non obligation si tout se passe bien, et possibilité en justice de passer à l’adoption, simple ou plénière, si le jeune le souhaite à partir de l’âge de 13 ans. Respect de l’identité de l’enfant, respect d’une possible distance affective, instauration d’un temps d’apprivoisement mutuel reconnu comme tel, allègement de la dette pour l’enfant (le tiers digne de confiance est défrayé des dépenses occasionnées par le jeune mais non rémunéré pour sa présence quotidienne auprès de l’enfant)… Une formule de ce type est-elle possible, s’agissant je le rappelle, d’enfants déjà grands au moment où ils sont placés ? Peut-on voir là l’avenir de l’adoption ?
 
Cécile Delannoy
 
Note
[1] Barbara Monestier, Dis merci, tu ne connais pas ta chance d’avoir été adoptée, Editions Anne Carrière, 2005.
[2] Maurice Berger, L’échec de la protection de l’enfance, éd. Dunod, 2003, 2e édition 2014.
[3] Daniel Rousseau et al. " Devenir à long terme des très jeunes enfants placés à l’Aide sociale à l’enfance ", in Revue française des affaires sociales, 2016/1 n° 5, p. 343-374.