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Mars 2010 | n° 281 | Berceau culturel
[Édito] Berceau culturel
Jamila Zekhnini Imprimer Réagir

Il fut une époque où il suffisait d’obéir en tant qu’enfant et de transmettre en tant que parents. Mais les temps ont changé. Entre la fin du 19e et celle du 20e siècle, notre vision du monde a été bouleversée, nos valeurs chamboulées, nos moyens technologiques se sont développés de façon exponentielle nous permettant d’explorer la terre et l’Humain de la cave au grenier. Pour une minorité de la planète, les besoins de base ont cédé la place à ceux de développement personnel et de bien-être. Pour beaucoup d’autres, les besoins primaires sont toujours d’une actualité criante. Mais pour ceux qui ont la bonne idée d’immigrer, la première injonction sera: “Vous qui passez cette porte, oubliez vos habitudes!”.

Même en matière de petite enfance, la rencontre entre les cultures ne semble pas échapper au choc de la différence. Aussi petits soient-ils, il faudra bien qu’ils s’adaptent. Car très tôt, le plus tôt possible même, la culture de la séparation est à l’œuvre pour former notre progéniture à développer les capacités de sur adaptation nécessaires à la survie dans un monde où le travail est une valeur culte et l’autonomie le passeport pour la vie. Mais “sortir un têtard de l’eau ne le rend pas grenouille plus vite, ça le tue”. Et même s’”il apparaît qu’un grand nombre de problèmes posés par la prime enfance et l’adolescence pourraient être évités par une meilleure prise en compte de la vie émotionnelle des tout-petits et une adaptation plus sensible de la famille et de la société à leurs besoins”[1], les réponses collectives adaptées et suffisantes se font désespérément attendre


Note

[1] Hélène Stork, Enfances indiennes, étude de psychologie transculturelle et comparée du jeune enfant, Paris, éd. Païdos/Bayard, 1986