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Novembre 2011 | n° 297 | Néopentecôtisme : un radeau de fortune ?
[Édito] Néopentecôtisme : un radeau de fortune ?
Nathalie Caprioli Imprimer Réagir
Le pentecôtisme appartient à la branche du christianisme, et aux sous-branches du protestantisme et de l’évangélisme. Avec son expansion foudroyante (aussi bien en nombre de fidèles qu’en terme géographique), ce mouvement a déplacé le centre de gravité du christianisme : passant de l’hémisphère nord, à l’hémisphère sud pour revenir en Europe. En Belgique, ses Eglises connaissent un essor remarquable depuis les années 1980 et sont le plus souvent portées par des pasteurs migrants ou d’ascendance migrante, en majorité Congolais et Brésiliens.
Le Synode fédéral des Eglises protestantes et évangéliques de Belgique, qui représente l’interface devant les pouvoirs publics, estime qu’une nouvelle Eglise naît tous les dix jours ; ce qui ne veut pas dire que leur espérance de vie soit forcément longue. Malgré ce dynamisme (à Bruxelles, l’Eglise de la Nouvelle Jérusalem compte jusque 3 000 croyants au rite dominical), malgré un prosélytisme certain (beaucoup de convertis sont de souche catholique, souvent déçus par la froideur du culte), malgré des médias prompts à dénoncer des dérives liées à des affaires de gros sous ou à des scandales en dessous de la ceinture, les néopentecôtistes restent une minorité dans la minorité.
 
Il ne nous appartient pas de nous positionner sur la légitimité de ces Eglises, mais bien de les examiner sous différentes facettes : dans leur perspective transnationale, comme lieu de solidarité avec les migrants, comme espace d’intégration ou de repli communautaire. Autant de questions abordées avec des observateurs attentifs.