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Avril 2012 | n° 302 | Sur le podium des solidarités
Les champs et les sapes
Jean Blairon et Emile Servais Imprimer Réagir
Notre travail se situe en contrepoint de l'article d'Alexandre Ansay qui ouvre ce dossier et auquel l’Agenda interculturel nous a demandé de réagir ; notre titre, qui constitue une quasi-anagramme du livre de François Dubet "Les places et les chances" sur lequel s'appuie l'auteur, entend montrer que nous allons tenter de déplacer la question du "modèle de justice" vers celle du "modèle de lutte et d'action".
Le concept de "champ" de Pierre Bourdieu situe la production de la société dans des univers dotés d’une logique propre, mais aussi en relation de concurrence, d’influence, de pénétration, etc. Ainsi, des relations entre champ économico-financier et champ politique (au bénéfice du premier) ou entre champ politique et champ médiatique (consacrant le pouvoir d’influence et d’arbitrage du second).

La "sape", quant à elle, désigne selon Littré un "ouvrage fait sous terre pour renverser une muraille -, une tour, etc." ou encore "l’ouverture qu’on fait au pied d’un mur pour le faire tomber". L’image parle d’elle-même; le pluriel indique une multiplicité, mais pas nécessairement un cumul: la dispersion, l’auto-neutralisation, les luttes internes pour la légitimité sont plutôt de mise pour l’instant [1].

En adoptant ce point de vue, nous n’affirmons pas que la comparaison des modèles de justice auxquels se réfèrent implicitement certaines politiques publiques soit inutile ou illégitime, loin s’en faut. Il est toujours utile et il est même nécessaire de porter à l’explicite les logiques implicites qui fondent le sens et la valeur d’une politique. Mais si l’on veut réfléchir au sens et à la légitimité des politiques sociales et au rôle des acteurs (comme le secteur associatif), il est aussi possible et sans doute utile de se placer au niveau de la production de la société, notamment au niveau des relations entre les champs et des conflits qui s’y observent.

Nous n’allons pas tenter ce complément à l’analyse d’A. Ansay en partant d’un point de vue théorique (ce qui serait aussi pertinent bien entendu), mais en posant et en raisonnant quelques-unes des questions qui y sont posées.
 
Modèle de justice ou transversalité négative complexe?

L’auteur analyse et interroge le "modèle de justice" qui vise à assurer l’égalité des chances entre individus en agissant sur leur individualité pour qu’ils puissent affronter la compétition et la concurrence qui seraient constitutives de la société. Il met aussi en lumière le relatif porte-à-faux qui peut exister entre ce modèle et ce qu’il identifie comme des valeurs associatives, soit la solidarité et la citoyenneté.

Si nous nous plaçons au niveau de la production de la société, nous serons tentés de lire ce modèle et ce porte-à-faux à partir du concept de "transversalité négative" produit par l’analyse institutionnelle et notamment par René Lourau.

La "transversalité négative" désigne le fonctionnement par lequel une institution affirme jouer un rôle ("officiel") et dénie par là en jouer d’autres, alors qu’elle les met en œuvre (officieusement) dans la réalité, malgré cette négation.

On se rappelle par exemple de la forte démonstration d’E. Goffman à propos de l’asile psychiatrique (et, au-delà, des institutions fermées): si la fonction affirmée (officielle) est celle du soin, la fonction réelle est la destruction de la culture du malade, renvoyé dans la société à l’état de déchet humain [2].

L’instituteur Fernand Oury chronomètre l’emploi du temps des élèves qui fréquentent l’école et conclut qu’un tiers de celui-ci est passé à l’apprentissage du silence, de l’obéissance et du défilement en rangs. Au-delà d’une fonction officielle d’instruction, l’enseignement est dès lors accusé de remplir une fonction officieuse d’adaptation passive à la société (et notamment à l’usine) [3].

Les mouvements culturels des années soixante se sont attaqués à cette transversalité négative, non sans succès. Leurs victoires se sont exprimées en des luttes pour la liberté individuelle (contre les "petits chefs" et tout ce qui y ressemble) et pour l’authenticité (le droit à se créer sans que ses désirs soient manipulés, par exemple par la société de consommation). Elles ont été toutefois peu à peu détachées de leur ancrage économique (la lutte pour la liberté, c’était souvent d’abord la liberté comme ouvrier de production; la lutte pour l’authenticité, c’était aussi la liberté du (non-consommateur) puis "retournées" par le système capitaliste, à son profit [4].

On a vu en effet se répandre des discours de légitimation de l’entreprise capitaliste, qui affirmaient que ce qui pouvait assurer la liberté, c’était précisément la nouvelle logique managériale mise en œuvre dans l’entreprise (écrasement des lignes hiérarchiques, individualisation de la production); ce qui assurait l’authenticité, c’était la "réalisation de soi" ainsi permise par le "système" de production et de consommation (cfr par exemple la "responsabilisation" de chacun à son poste de production et la logique des "options" qui "personnalisent" l’objet convoité en matière de consommation).

Pierre Bourdieu a fermement critiqué les nouvelles formes d’encadrement des populations qui se sont ainsi développées dans les sociétés avancées. Il exprime cette critique comme suit : "(…) il est vrai que nous sommes dans une période où les dominés sont démoralisés, démobilisés, notamment par la politique de dépolitisation dont je parlais tout à l’heure. Mais il y a aussi le fait que pour les plus démunis, ceux que les discours officiels appellent les "exclus", on a mis en place dans tous les pays développés des politiques très subtiles d’encadrement social qui n’ont plus rien de l’encadrement brutal et un peu simpliste, un peu policier, de la période antérieure. Ces politiques, on pourrait les mettre sous le signe du projet : tout se passe comme si un certain nombre d’agents – éducateurs, animateurs, travailleurs sociaux – avaient pour fonction d’enseigner aux plus démunis – en particulier à ceux qui ont été repoussés par le système scolaire et qui sont rejetés hors du marché du travail – quelque chose comme une parodie de l’esprit capitaliste, de l’esprit d’entreprise capitaliste ? On a organisé une sorte d’aide à la self-help qui est si conforme à l’idéal politique anglo-saxon" [5].
 
On pourrait à partir de là construire une homologie structurelle entre la transversalité négative des années soixante et celle qui est à l’œuvre aujourd’hui (voir le tableau ci-dessous).

Ce parallélisme nous conduirait à diagnostiquer le retour caché de l’institution totale dans la société, mettant en œuvre de nouvelles formes d’embrigadement et de destruction de l’autonomie culturelle [6].

Un des "procédés" redoutables de cette nouvelle forme d’institution totale est bien la culpabilisation de celui qui n’obtient pas une place dans la société: si c’est le cas, ce n’est pas que les places seraient venues à manquer – et donc que le droit fondamental à disposer d’un travail librement choisi ou accepté aurait été bafoué - c’est, nous serine-t-on, que l’individu a échoué à se mobiliser comme il aurait convenu!

Sous couvert d’action pour l’égalité des chances, les institutions sont manipulées et conduites à jouer un rôle de transversalité négative qui justifie les inégalités de position.

Le "taux de change" favorable au champ économique (dont les "valeurs" et "références" tendent à s’imposer à tous les autres champs) n’est évidemment pas étranger au succès de cette nouvelle transversalité négative.
 
Condamnées à "l’épaisseur protectrice" et à la résistance?

Dans l’article d’A. Ansay, il est aussi indiqué que les associations peuvent profiter de "l’épaisseur du social" (l’expression est d’A. Franssen) pour déployer des tactiques et des ruses et tenter de résister; il nous semble que l’on comprendrait mieux à quoi elles tenteraient de résister si on mettait en avant l’enjeu sociétal que constitue leur participation à une transversalité négative qui prend les allures d’une "institution totale" d’un nouveau genre.

Mais cette lecture nous conduit à mobiliser le modèle d’analyse de Goffman pour le faire porter sur les acteurs de la production de la société.

En observant les effets de l’institution totale sur les "reclus" qu’elle enferme, Goffman détermine des degrés d’intériorisation des valeurs de l’institution; il parle ainsi:
des "installés", qui tentent de s’accommoder de leur situation et si possible de bénéficier de quelque avantage secondaire;
des "convertis", qui adoptent les valeurs prônées par l’institution totale;
et enfin des "institutionnalisés", qui considèrent qu’il n’y a plus de vie possible pour eux en dehors de l’institution qui les enferme.

Par rapport à l’acteur associatif et à son rôle dans la production de la société, nous ne trouvons malheureusement pas que des résistants.

Les "installés" sont ceux qui, probablement influencés par leur position sociale moyenne [7], considèrent que l’action sociale n’est ni dupe ni de mise (même s’ils préfèrent clamer qu’elle n’est ni pute ni soumise...) : ils se considèrent comme conscients du rôle que l’on peut leur faire jouer (dans l’activation, la "responsabilisation", le contrôle et la désaffiliation). Ils affirment qu’ils n’en sont pas dupes; mais ils pensent qu’ils ne peuvent rien changer à la situation. Ils se concentrent donc sur le rôle officiel et s’accommodent du rôle officieux.

Les "convertis" sont ceux qui adoptent les valeurs et comportements contre lesquels ils sont supposés lutter; nous trouvons dans cette catégorie ceux qui épousent le rôle de contrôle voire de traque que l’on attend d’eux, mais aussi les dominés culturels qui sont fascinés par le modèle qui va les briser. Ainsi de tous ceux qui n’ont de cesse que de "gérer" leur association en y introduisant des modèles managériaux non seulement inadaptés, mais surtout antinomiques avec la dynamique associative dans ce qu’elle a de constitutif.

Quant aux "institutionnalisés", ce sont ceux qui intègrent une passivité désenchantée et démobilisée et se résignent au registre de "l’inéluctable": ce qui se passe - les fameuses "évolutions" qui sont en fait des choix politiques déniés - serait inscrit dans la nature des choses, serait irréversible et impossible à combattre.
 
Le capital culturel comme ressource centrale

A l’autre extrême de ce spectre, nous trouvons tous ceux (sont-ils si peu nombreux qu’on les oublie ?) qui savent (et qui font en sorte) que l’acteur est celui qui, à l’instar du mouvement ouvrier, identifie une ressource centrale pour la société, en donne une interprétation qui lui est propre, argumente de sa contribution à la constitution de cette ressource et réclame en conséquence les rétributions qui y sont liées.

Cette ressource centrale est sans conteste aujourd’hui le capital culturel : chacun ne s’accorde-t-il pas à reconnaître l’importance, dans la production, de la connaissance (souvent scientifique), de la création (innovation, recherche) et des ressources subjectives (comme la confiance, l’engagement, la fiabilité, etc.)?
Trois questions découlent de cette identification: quelles modalités assurent la production d’un véritable capital culturel (certains pointeront ainsi que la modalité de sa production ne peut qu’être libre, autonome et non intéressée: recherche fondamentale, action culturelle non utilitariste, connaissance non instrumentale, engagement libre, etc.)? Qui en est le véritable producteur(plus d’un pointe le rôle plus que central du secteur associatif et des services publics en la matière) ? La contribution de l’acteur est-elle rétribuée à sa juste importance (là nous sommes très loin du compte)?

Nous retrouvons ici la pensée de Félix Guattari dont un certain secteur associatif (mais aussi les enseignants, les professionnels de la santé, bref tous les travailleurs qui constituent ce que Bourdieu appelle "la main gauche de l’Etat"...) pourrait un jour s’emparer: "Nous autres enseignants mais aussi travailleurs sociaux, nous sommes des producteurs de subjectivité et à ce titre nous sommes les ouvriers d’une industrie de pointe qui fournit la matière première subjective nécessaire à toutes les autres industries [nous soulignons] et activités sociales.".

"Les théoriciens, les techniciens, les formateurs, les usagers, les agents de l’État, sont autant de composants des agencements de production de subjectivité. Et s’il est vrai que la production de subjectivité est devenue la grande affaire de notre temps, alors ce sont ceux-là qui dans la société occupent la place privilégiée de décideurs potentiels de nombre de choix de société [nous soulignons]". Il ajoute: "...place qui était occupée hier par les classes ouvrières industrielles et avant-hier par les bourgeoisies urbaines et le clergé séculier."

Thierry Bodson, secrétaire général de l’Interrégionale wallonne de la FGTB, dit-il autre chose lorsqu’il pose ce double diagnostic critique: "(…) Quelle place va-t-on donner à la culture en Wallonie et dans notre société de façon plus large? Aujourd’hui, objectivement, la place de la culture comme outil permettant aux gens de développer leur esprit critique est un échec complet. Aujourd’hui, les budgets sont consacrés à 5 ou 6 grands outils culturels wallons ou francophones.
 
Budgétairement, on se trompe. Seuls 2 à 4 % des Francophones vont dans ces lieux, les musées, etc. Et puis surtout, et je ne veux pas être moraliste par rapport à l’ensemble des citoyens, mais comprendre que par le prisme de la culture, ils peuvent poser un regard critique sur l’évolution de la société, c’est quelque chose qui échappe complètement à une grande partie des travailleurs. En cela, il y a dans le monde d’aujourd’hui un échec de la culture. Pour ma part, je trouve que l’éducation permanente devrait s’adresser aux laborantins, à l’employé de banque, à l’informaticien [soit des professions intrinsèquement liées au capital culturel, nda]. Ce sont les travailleurs actuels, et ceux de demain. Selon moi, l’éducation permanente ne parvient pas à accrocher, à ce que ces citoyens-là s’intéressent aux évolutions de la société. Il s’agit là d’un grand enjeu à côté duquel on est en train de passer." [8]

Par rapport à l’acteur associatif, nous aurions donc une position moins optimiste et plus ambitieuse que celle de la "résistance": moins optimiste, parce nous sommes dans le contexte d’une nouvelle "institution totale" à l’échelle non plus des établissements, mais de la société; nous trouvons donc dans le secteur associatif des installés, des convertis et des institutionnalisés; plus ambitieuse, parce rien ne prouve que la conscience d’un rôle central potentiel de l’acteur associatif (producteur de la ressource centrale, dépositaire d’une interprétation spécifique de cette ressource, capable de mettre en lumière sa contribution propre et d’en réclamer une juste rétribution) soit absente ou hors de portée.

L’interview de T. Bodson permet de poser en filigrane une autre question majeure déterminante: quel lien entre toutes les composantes du groupe des "producteurs du capital culturel" (enseignants, travailleurs sociaux, travailleurs du capital culturel...)? Et surtout quelle alliance possible en tant que "groupe des producteurs d’un capital culturel libre et rétribué à mesure de ses contributions effectives" ?
 
Les mouvements ouvriers: désuets et voués à la défense des acquis?

Le modèle de justice spécifié sous le terme de "lutte des places" est présenté comme "ayant eu son heure de gloire durant les 19e et 20e siècles dans le cadre notamment des luttes ouvrières." Une des faiblesses qui lui est reprochée, à la suite de Dubet, est que cette conception "peut se révéler plus attachée à protéger les acquis qu’à réduire les écarts entre les positions sociales."

D’abord, nous nous demandons si le point de vue de "l’heure de gloire" révolue n’est pas produit dans le contexte de la "révolution conservatrice" qui s’est développé depuis quelques dizaines d’années et qui vise à inverser tous les signes: pour la vulgate néolibérale, les conquêtes sociales deviennent des freins (au libre développement de la libre entreprise), les acquis, des privilèges injustes, les acteurs sociaux, des groupes archaïques et des obstacles au "progrès" [9].

Ensuite, s’il y a "défense des acquis", n’est-ce pas parce que les mouvements ouvriers (à moins que l’on conteste aussi leur existence ?) sont plus adossés aujourd’hui à des défaites qu’à des victoires? Ce qui ne les empêche pas de lutter, tout de même...

Et certes, l’éclatement du groupe populaire, que l’on peut probablement appréhender en disant qu’il est constitué de travailleurs garantis, de travailleurs non garantis (de plus en plus nombreux: CDD, interimaires, temps partiels non choisis...) et de demandeurs d’emplois souvent menacés de désaffiliation (c’est-à-dire privés des supports leur garantissant une sécurité d’existence et les moyens de se construire comme des individus libres), ne facilite pas les luttes sociales [10]. La domination sociale qui s’exerce aujourd’hui est en effet en mesure de dresser tendanciellement ces sous-groupes les uns contre les autres.

Ce qui fait que les grandes questions qui traversent selon nous le secteur associatif sont celles-ci:
Peut-il lutter contre la nouvelle transversalité négative dans laquelle il peut être pris? Peut-il aider certains des installés, des convertis voire des institutionnalisés en son sein à renouer avec l’autonomie culturelle?
Peut-il se situer (se concevoir lui-même) comme un des producteurs d’une richesse centrale pour le développement de la société?
Peut-il s’allier à d’autres producteurs (comme les nouveaux travailleurs du capital culturel évoqués par T. Bodson) pour faire mouvement socialet saper la domination qu’ils subissent tous ?

Peut-il (puisque ceci est la condition de tout le reste) être un facteur liant entre les factions de deux groupes éclatés (secteur associatif déchiré et groupe populaire), en évitant d’imposer aux travailleurs non garantis et aux personnes en voie de désaffiliation la transversalité négative qui justifie les inégalités qu’ils subissent, en se considérant comme producteur de capital culturel parmi d’autres producteurs (avec qui il faudrait faire alliance) et en renouant avec la tradition de lutte des mouvements ouvriers?

Ce sont là selon nous les questions déterminantes qui décideront du rôle et de l’identité du secteur associatif et du succès des luttes indissociablement sociales et culturelles qui sont en cours. En effet, comme l’affirme Alain Touraine, "les mouvements sociaux ont toujours la priorité sur les institutions" [11].
 
Jean Blairon, directeur de RTA asbl (Réalisation Téléformation Animation) & Emile Servais, sociologue
 
Notes
[1] P. Bourdieu regrette ainsi que le mouvement social dépense 80 % de son énergie en luttes internes.
[2] E. Goffman, Asiles, Paris, Minuit, 1968.
[3] F. Oury et J. Pain, Chronique de l’école caserne, Paris, Matrice, 1998.
[4] C’est la thèse de L. Boltanski et E. Chiapello dans leur ouvrage Le nouvel esprit du capitalisme, Paris, Gallimard, 1999.
[5] P. Bourdieu, Interventions, Marseille, Agone, 2002, p. 458.
[6] Cfr J. Blairon, J. Fastrès, E. Servais et E. Vanhée, L’institution totale virtuelle, Bruxelles, coll. Détournement de fond, Luc Pire, 2001.
[7] Qui les conduit à ne se considérer ni comme des privilégiés (dont ils aspirent toutefois à rejoindre la position) ni comme des démunis (dont ils craignent de rejoindre le nombre).
[8] T. Bodson, interview de S. Beaucamp, J. Cornil et Y. Samzun, Agir par la culture, publication de PAC, 1er semestre 2012, p. 7.
[9] Cfr les travaux des Assises de l’égalité à Namur, "Les revenus dans la tourmente, le principe d’égalité et les nouvelles formes de rémunération", in Politique, hors série, janvier 2003.
[10] V. de Gaulejac et I. Taboada Léonetti, dans leur livre La lutte des places, citent la structure vers laquelle conduit la logique économique actuelle d’après André Gorz: • 25 % de la population active dans des emplois permanents, qualifiés et protégés bénéficient de bons salaires et d’une bonne couverture sociale; • 25 % dans des emplois périphériques peu qualifiés, mal rémunérés, bénéficiant d’une protection sociale relative; • 50 % dans l’exclusion, les petits boulots,la précarité et le chômage chronique." (DDB, Paris, 1994, 2009, p. 279.)
[11] Le terme "institutions" est ici entendu dans le sens d’institutions politiques; A. Touraine, Pourrons-nous vivre ensemble? Egaux et différents, Paris, Fayard, 1997, p. 301.