Parcours d’accueil pour primo-arrivants

Rapport annuel 2018

Depuis 2016, deux bureaux d’accueil pour primo-arrivants (BAPA) mettent en oeuvre un parcours d’accueil, conformément à une législation relativement récente. Sans revenir ici sur une description détaillée de ce parcours, il faut néanmoins rappeler que celui-ci est composé de deux volets, dont le second, le plus conséquent en termes de temps, comprend deux formations (linguistique et à la citoyenneté) et un accompagnement social. C’est à cette composante du parcours que nous avons décidé de consacrer ce rapport, et ce pour plusieurs raisons.

 

Une thématique centrale, des intérêts multiples

 

Tout d’abord, car il s’agit sans doute de la partie de ce parcours d’accueil qui est la moins définie par les textes qui organisent ce dispositif. Le bilan social (volet primaire) est en réalité fortement structuré par le canevas proposé par l’application informatique qu’utilisent les travailleurs sociaux des BAPA ; le bilan linguistique (volet primaire) doit être réalisé à partir de tests prescrits par la législation ; le volume horaire, les modalités et les thématiques abordées lors du module Droits et Devoirs (volet primaire) sont précisés dans les arrêtés ; les formations linguistiques (volet secondaire) répondent à une structure figurant en annexe de l’arrêté et sont articulées autour d’un découpage modulaire défini dans le cadre du CECRL ; les formations citoyennes (volet secondaire) ont un nombre d’heures, une liste de thématiques et des compétences des formateurs également stipulées dans les textes. Les textes sont moins prescriptifs concernant l’accompagnement, ce qui ne  va pas sans poser de questions dont les réponses sont apportées par la pratique quotidienne des travailleurs.

 

Ensuite, car il s’agit là d’une composante dont la relative indétermination permet (et c’est d’ailleurs sans doute là la raison, partielle, de l’indétermination) une adaptation aux besoins et demandes des bénéficiaires. Il s’agit de la composante du parcours qui est sans doute la plus au service direct du public, sans bien sûr que ceci tende à minorer l’intérêt des autres composantes pour les primo-arrivants. En cela, il s’agit d’une composante du parcours qui est sans doute essentielle.

 

Enfin, et ceci est en lien avec ce caractère relativement peu déterminé dans les textes, on peut s’attendre à ce que, si le contexte de travail se modifie, l’accompagnement serve de variable d’ajustement au sein des BAPA, tant au niveau de l’organisation générale des tâches qu’au niveau de la pratique des travailleurs. Or force est de constater que le parcours d’accueil a atteint une étape de reconfiguration du cadre dans lequel les missions sont exercées. Tout d’abord, car, après une période durant laquelle le public a augmenté progressivement, on arrive aujourd’hui à des nombres de bénéficiaires importants. Dès lors, les pratiques qui prévalaient dans une phase de mise en place du travail peuvent être perturbées par une augmentation du public. Ensuite, car les perspectives sont également celles d’une augmentation du public et d’un maintien à un niveau élevé de celui-ci : les BAPA ne sont pas encore au niveau où ils seront autorisés à refuser du public, et la demande va aller en augmentant, stimulée par l’entrée en vigueur de l’obligation de suivi du parcours