La résilience associative en temps de crise

Rapport annuel Cohésion sociale 2021

Depuis mars 2020, la crise sanitaire de la Covid-affecte chacun·e d’entre nous. Le premier confinement a interrompu la vie sociale telle que nous la connaissions jusqu’alors : les mouvements de la ville, les flux des quartiers. L’irruption de la pandémie a instauré, de manière brutale, un monde dominé par l’enfermement, par la peur de la contamination et de la maladie. Ce faisant, la crise a rendu pratiquement impossibles les missions qui constituent le coeur de la cohésion sociale.

 

Tous les secteurs de la société ont été impactés par la crise. Celui de la cohésion sociale l’a été d’une manière toute particulière. Les équipes associatives ont été témoins de l’approfondissement des fractures sociales et de la précarisation de leurs publics. Et, dans le même temps, elles ont été empêchées de travailler, de mobiliser leur expertise pour répondre à la réalité de terrain qui se montrait à elles.

 

Dans ce rapport 2021 du CBAI-CRAcs, nous entendons revenir sur l’expérience de la crise sanitaire telle que vécue par les personnes, employées ou bénévoles, qui façonnent les politiques de cohésion sociale en Région bruxelloise. Le rapport se penche sur certaines des pratiques innovantes, nées durant la pandémie. Il explore également les difficultés structurelles du secteur et de son public. Par là, il s’agit de dégager des pistes et recommandations pour le futur proche de la cohésion sociale en Région bruxelloise.


La focale du rapport est placée sur les bouleversements provoqués par la crise Covid-19 ainsi que sur les apprentissages, les changements de postures et les nouvelles pratiques induites par elle. Nous avons choisi de partager ce rapport en trois blocs : 1) les impacts de la pandémie sur les publics associatifs tels que perçus par les associations en contact avec un public fragilisé et marginalisé ; 2) les impacts de la pandémie sur les pratiques professionnelles des associations, qui entend rendre visible le travail de l’ombre et les questionnements des équipes associatives qu’elles soient composées d’employé·e·s ou bénévoles ; et, enfin, 3) les perspectives qui dessinent un futur incertain pour le public et les équipes de la cohésion sociale.

 

Ce rapport 2021 s’inscrit dans la lignée de son précédent. Il partage la même volonté de coller au plus près des équipes associatives et de leurs pratiques en cohésion sociale. Il constitue une plongée au coeur du travail de terrain en ce moment si particulier. Il se veut ainsi une photographie, un instantané révélant les émotions, les innovations, les solidarités. Mais cette prise de vue révèle également des fractures anciennes et structurelles, bien connues de celles et ceux qui travaillent dans le secteur.

 

Ce rapport ne se veut, en aucune manière, un registre exhaustif des conséquences de cette période inédite ni une quantification des dégâts subis par les acteurs·trices de la cohésion sociale. Il se veut plutôt un révélateur, une manière de traduire, dans l’hétérogénéité et la complexité qui caractérisent
le secteur, un vécu commun. Nous invitions nos lecteurs, par ailleurs, à consulter des documents produits par d’autres associations et instituts de recherche afin de former un tableau plus complet des conséquences socioéconomiques et psychosociales pour les populations bruxelloises précarisées.

 

En termes d’évaluation de politiques publiques, ce rapport attire l’attention sur des situations vécues annonçant de nouvelles tendances, de nouveaux dangers, mais aussi de nouvelles opportunités pour le secteur de la cohésion sociale. Nous y revenons à la fin de chaque chapitre et lors des conclusions. Nous adressons, également, quelques recommandations aux pouvoirs publics, à la fin de ce rapport.

 

Ces tendances et ces recommandations sont à lire à la lumière de la mise en œuvre du nouveau décret relatif à la cohésion sociale, en vigueur depuis janvier 2021 et qui entend instituer des agréments associatifs à partir de janvier 2023.