La dernière rive

Jean-François Ravagnan

Un soir de janvier 2017, une vidéo se répand sur les réseaux sociaux, celle d’un jeune gambien en train de se noyer dans les eaux du Grand Canal de Venise.

 

Depuis la rive, des passants l’insultent sans lui porter assistance. Filmé avec un téléphone portable, le corps pétrifié par le froid semble se laisser couler malgré les quelques bouées de sauvetage jetées dans sa direction. Il avait 22 ans et s’appelait Pateh Sabally.

 

À 4.000 kilomètres de là, les voix et les visages de sa famille racontent l’histoire qui a précédé ce drame, l’histoire au dos des images…

Contre-récit d’exil

 

Le documentaire sera suivi d’un bord de scène avec le réalisateur ainsi qu’avec la productrice et réalisatrice belge Muna Traub.

 

Comment raconter l’exil autrement ? Comment faire émerger des récits qui échappent aux discours dominants sur la migration ? À l’issue de la projection, nous vous invitons à une discussion autour du cinéma documentaire comme outil de mémoire, de deuil et de transmission. Ensemble, nous interrogerons la puissance des images pour faire entendre d’autres voix et ouvrir des contre-récits de l’exil.

 

Le débat abordera également la question du regard : que signifie filmer l’exil depuis une position blanche et européenne ? Comment représenter l’autre sans reproduire certains rapports de pouvoir ?

 

Une rencontre pour penser le cinéma comme espace critique, politique et sensible.