#380 - janvier/février 2026
De la Guinée à la Belgique
Lecture sociologique à partir de la migration peule
#380 - janvier/février 2026
Guinéen·nes de Belgique
Une intégration feutrée
Une intégration feutrée ne signifie pas silencieuse. Au contraire, les Guinéens peuvent donner de la voix. C’est particulièrement le cas dans la lutte pour la régularisation des personnes sans-papiers.
Feutrée parce que discrète : les Guinéens et Guinéennes de Belgique représentent une minorité parmi les minorités. Aujourd’hui, ils sont plus de 10.000 recensés en situation régulière, dont la moitié réside à Bruxelles. De plus, entre 1991 et 2024, 12.084 ont obtenu la nationalité belge1. Le nombre de demandeurs guinéens de protection internationale a augmenté de 50 % entre 2014 et 2023 (on compte 1.355 demandeurs en 2023).
Et derrière ces chiffres officiels, il y a l’humain, ses projets, ses rêves, ses galères, qui passent et qui demeurent.
[1] Sources : Institut bruxellois de Statistique et d’Analyse (IBSA), CGRA, Statbel.
SOMMAIRE
Alexandre Ansay, directeur du CBAI
Comprendre la présence guinéenne en Belgique implique de la replacer à la fois dans l’histoire de l’immigration subsaharienne et dans les trajectoires spécifiques des Peuls guinéens.
Les mutilations génitales touchent 92 % des femmes de Guinée, la prévalence la plus élevée au monde après la Somalie. Plus de 12.000 Guinéennes ont trouvé refuge en Belgique où le GAMS les accompagne.
Cet article invite à s’interroger sur les différentes modalités d’actions de la diaspora guinéenne à l’œuvre en Belgique, en particulier auprès de jeunes et de femmes qui semblent de plus en plus inscrits dans un processus d’autonomisation.
C’est en décembre 2023 qu’est née l’Association des Etudiants Guinéens en Belgique. Elle joue un rôle d’orientation et d’accompagnement, et aide les étudiants à mieux comprendre les exigences du système belge.
Dans une occupation de personnes sans-papiers, des amis guinéens partent de presque rien. Et de ce presque rien, ils ont fondé l’asbl Balal, qui signifie aide en peul. Ils rêvent tout haut d’une Maison culturelle guinéenne, carrefour d’événements sportifs, culturels, festifs.
Ousmane Diallo et Fran Kourouma vivent en Belgique. Ils ont chacun écrit, coûte que coûte, un récit de domination, d’exploitation. Deux lectures qui donnent l’occasion de quitter “l’universel blanc”.
Dans notre rapport de recherche évaluative 2025, nous avons décrit la portée et les effets des actions “vivre et faire ensemble” sur le terrain, principalement dans des quartiers populaires de Bruxelles.
Illustrations : Riennepress
Texte : Nathalie CAPRIOLI
Quand on a 16 ans et qu’on peut à peine lire et écrire, on ne trouve pas sa place à l’école qui, elle, ne sortira que rarement de son cadre pour répondre aux besoins trop spécifiques. A Molenbeek, l’asbl Tchaï accueille ces jeunes et les accompagne.
Kolë, c’est… ? A l’école, cela pouvait être pot de colle, on s’attache à la Belgique; la sortie de la Mitsubishi Colt en 1978 n’a pas été aidante – l’imagination des enfants.
Fabrizio FOSCHINI & Elio GERMANI
À première vue, le paradoxe semble être celui-ci. Parmi les pays d’Europe occidentale, la Belgique affiche le taux de reconnaissance le plus bas pour les demandeurs d’asile originaires d’Afghanistan; pourtant, les communautés afghanes dans le pays connaissent une forte croissance.