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Novembre 2014 | n° 323
Dieu(x) au travail
Comment gérer la question convictionnelle au sein d’une organisation publique ou privée ? Comment trouver des solutions qui profitent à tous les salariés ? Par exemple, introduire dans les menus des cantines des alternatives neutres à la viande comme le poisson ou les œufs. Ou encore aménager une salle de repos affectée à un large choix d’activités mais sur base d’un dénominateur commun, celui de calme et pas seulement de la prière.

Sommaire
[Édito] Dieu(x) au travail
Jamila Zekhnini
Comment penser la question convictionnelle au sein d’une organisation, qu’elle soit publique ou privée ? Quelles balises fixer pour allier une mission professionnelle au respect de la manifestation des convictions d’autrui ?
Gérer la diversité convictionnelle. Un nouveau défi pour le monde du travail ?
Nathalie Denies
L’intégration des différences devrait être un exercice de discernement social et politique relevant du bon sens, du raisonnement. Malheureusement elle déchaîne de plus en plus de passions et de contradictions, de telle sorte que sa mise en œuvre se fait souvent dans l’anonymat des bonnes volontés ou par la voie de la contrainte juridique.
[+] Une recherche action: pourquoi? comment?
Christine Kulakowski
Supplément au dossier
 
L’intercultarité est affaire de tous! Et ces dernières années ne font qu’appuyer ce postulat. Dans le secteur du travail, on s’aperçoit que l’identité convictionnelle est de plus en plus revendiquée. Face à ce constat, le CBAI a fait appel à Dounia Bouzar et à son système du Plus grand dénominateur commun (PGDC). Le but du Centre est d’élaborer un référentiel sur la gestion de la diversité convictionnelle. Un travail soutenu par un groupe de professionnels très diversifiés.
Une recherche vers l’action ?
Entretiens avec Eric Buyssens, Claude Prignon, Nathalie Heusquin, Pierre Devleeshouwer
De janvier 2012 à avril 2013, au rythme d’une rencontre mensuelle, une vingtaine de professionnels du secteur non marchand ont participé à la recherche action initiée par le CBAI : comment appréhender et gérer la diversité convictionnelle ? Nous avons demandé à quelques participants ce qu’ils ont retenu de cette expérience, comment ils comptent la prolonger dans leur environnement professionnel, et en quoi leur approche aurait bougé au cours des débats entre participants.
Trois initiatives
Jamila Zekhnini
Des initiatives mobilisant des compétences croisant, revendications convictionnelles et missions professionnelles, se multiplient en Région bruxelloise. Des actions allant de la réflexion à la gestion de situations concrètes sont ainsi menées par la Confédération des Syndicats Chrétiens (CSC), la Maison d’Enfants d’Actiris et l’Association Belge des Professionnels Musulmans (ABPM). Ces trois exemples illustrent des approches différentes et témoignent de préoccupations communes.
Gestion de la diversité convictionnelle. Le cas de la STIB
Younous Lamghari
L’installation définitive des musulmans en Belgique implique de facto leur intégration visible dans le paysage urbain, social et culturel. Quoi de plus normal pour des personnes intégrées dans un espace que de le marquer de leur empreinte, et d’y inscrire toutes ces petites choses qui leur procurent un sentiment de cohérence et de bien-être ? C’est ainsi qu’à travers des dynamiques identitaires différentes, l’islam finit par se donner à voir sur la scène publique, notamment dans l’espace du travail. Cela confronte les organisations à de nouveaux défis en interrogeant à la fois leurs pratiques de management et leur culture d’entreprise.
Les parents ne demandaient rien ; leurs enfants ré-clament
Hajib El Hajjaji
Clamer : manifester avec force, crier haut et fort. Réclamer : demander avec insistance ce à quoi on a le droit ou quelque chose que l’on désire. Les enfants des parents migrants ré-clament donc… C’est sur ce constat que beaucoup tentent de prouver que, derrière la recrudescence des demandes actuelles à caractère religieux, il y a un problème avec les jeunes générations de musulmans. Que cachent ces demandes ? De la radicalisation ou un besoin de reconnaissance légitime ? Pourquoi nos jeunes sont-ils (encore) attachés aujourd’hui à ces requêtes ? Quels en sont les enjeux et les solutions ?
Echos du colloque
Myriam Gérard, Jean-Claude Daoust, Vanessa Gomez, Philippe Vandenabeele, Olivia P’tito
Le 23 octobre au Bozar, le CBAI, en collaboration avec le cabinet Bouzar Expertises-Cultes et Cultures, et le Centre interfédéral pour l’égalité des chances, a présenté la logique d’analyse proposée aux professionnels pour répondre aux défis de la diversité convictionnelle en entreprise. Il a ensuite ouvert cette logique au débat entre six invités du secteur marchand et non marchand. Quelques saillies sont reprises ici.
[Recherche] Le français des migrants italiens. Une langue pasticcio
Ana-Alicia Walravens
L’immigration italienne est présentée comme un modèle d’intégration. Mais c’est oublier que sa vague la plus importante remonte à plus de 70 ans et qu’elle a eu à affronter d’énormes difficultés dans tous les domaines, notamment linguistique. Aucune structure n’avait été prévue pour l’apprentissage du français par une main-d’œuvre ouvrière qu’on imaginait comme temporaire en Belgique. Les seuls lexiques italien/français prévus concernaient les termes du travail dans la mine.
[Lampedusa 2/3] La loi de la mer, la loi des hommes
Germano Garatto
Dans la loi fondamentale des gens de la mer, porter secours aux naufragés, quels qu’ils soient, est un impératif absolu auquel personne ne peut se soustraire, sans renoncer à sa propre humanité. C’est sur ce point précis que les habitants de Lampedusa et de Linosa sont en difficulté. Une difficulté niée par beaucoup, convaincus que la loi de la mer ne vaut plus, que les intérêts économiques doivent prévaloir sur les intérêts éthiques. Mais tous n’ont pas renoncé à se remettre en question.
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