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Mars 2012 | n° 301
Chroniqueurs de la rue
Les artistes urbains n’ont pas attendu la crise économique de 2008 pour s’élever contre les inégalités économiques et la société à deux vitesses. Tels des chroniqueurs de la rue, à travers leur art, ils continuent à aborder des thèmes depuis toujours intimement liés à leur vie quotidienne. Un art engagé qui, pourtant, n’obtient pas facilement la faveur du public et reste boudé par les "Beaux-Arts".

Sommaire
[Édito] Chroniqueurs de la rue
Claudia Cassano
Rapper, Claudia, pas râper ! J’ai dû écrire ce mot plusieurs fois avant de le maîtriser. Mais ce n’est peut-être pas vraiment une erreur, les deux mots ont peut-être des points communs... Je demande l’aide au meilleur ami d’un étranger, le dictionnaire, et voilà : je constate que les deux sont homonymes ! Le verbe râper est lié, entre autres, à une sensation qui agace, bien sûr, mais qui nous fait sentir vivants, comme toutes les sensations, positives ou négatives que nous éprouvons. Comme un tissu qui râpe la peau, la prose contestatrice du rap râpe la gorge de l’artiste et dérange l’oreille de l’auditeur qui se voudrait indolent.
Festival des identités multiples
Ilham Boumankhar
Les festivals s'inscrivent dans de nouvelles formes de loisirs et de pratiques culturelles et sont soumis à une logique de localisation géographique. Le festival "Histoire d’avenir" à Nantes est orienté autour du thème de la diversité, de l’identité et du métissage culturel, et a pour objectif de favoriser la rencontre entre cultures, artistes et habitants. Il s’organise autour du 27 avril chaque année depuis 2001, puisqu’il célèbre la signature, en 1848, du décret final de l’abolition de l’esclavage par le Gouvernement français provisoire de la deuxième République.
Égotripes
Nathalie Caprioli
Un jour, Nina Miskina et Nùn ont percuté avec le hip hop. L’une à Bruxelles, l’autre à Saint-Hubert. Elles nous racontent comment elles sont passées du carnet de poésie à l’écriture rap, rythmée, subtile et parfois codée. L’une congolaise, l’autre belgo syrienne, elles font passer leur quête identitaire et leurs revendications dans les rimes. Tout part de leur vécu, de leurs tripes. Narcissique mais frappant.
De la rue à la scène
Nathalie Caprioli
Premier documentaire sur la scène hip hop dansée en Belgique, Get Your Funk ! se veut plus qu’une trace filmée d’une formation professionnelle. Caméra à l’épaule pour mieux se fondre dans le groupe, Anne Closset transmet l’énergie des jeunes qui, au fur et à mesure de leur stage, commencent à s’approprier la danse en tant qu’auteur, et à sortir des clichés virils pour affirmer leur personnalité.
J’existe donc je RAP
Claudia Cassano
Dans le cadre de son Festival Sessions Urbaines, l’association Lezarts Urbains a organisé un débat sur "Le rap engagé : passé ou avenir du rap ?". En présence d’artistes de la scène musicale nationale et internationale, la discussion a porté sur le rôle du rap de nos jours : dans notre société de consommation, où la musique devient de plus en plus un bien commercial, les rappeurs s’engagent-ils encore dans la société ?
Calligraphie à la bombe
Nathalie Caprioli
Dema tient un peu du Professeur Tournesol. Non qu’il soit dur d’oreille ! Mais plutôt en raison de son coté farfelu, aimable et flottant parfois dans sa bulle. Si Tournesol part sur la lune, Dema, lui, campe les pieds bien sur terre pour évoquer son quartier de Schaerbeek. Quartier où il a grandi pendant les années noires du nolsisme, ce qui a suscité en lui une envie de taguer ses révoltes et colères. A 42 ans, père de trois enfants, grapheur engagé inoxydable, il regarde maintenant la nouvelle génération grandir à son tour, avec quelque appréhension.
[Bon tuyau] Doc hip hop
La rédaction
Pour des animations avec votre classe, pour votre mémoire, article, élocution ou tout travail en rapport avec les cultures urbaines, mais aussi pour écouter les dernières nouveautés ou visionner des documents inédits : le Centre de Doc Lezarts Urbains est un lieu vivant et multimédia.
Les arts urbains dans la contestation sociale ?
Marco Martiniello
Dans la période économiquement, socialement et politiquement difficile que nous traversons, les mêmes termes semblent revenir sans arrêt dans les débats médiatiques : dette souveraine, agences de notation, mesures d’économie, austérité, relance, chômage, pauvreté, fermetures, délocalisations, exclusion, racisme, islamophobie, dégradation, violence, insécurité, malaise, crise, etc. Bref, rien d’enthousiasmant pour un être humain normalement constitué, qu’il habite en ville, en périphérie ou à la campagne. Dans ce contexte, les créations et expressions artistiques en milieu urbain sont-elles des réponses aux défis de la transition sociale, économique et politique actuelle en crise ?
Hip hop : les racines nourricières
Françoise Van Poucke
L’industrie du hip hop pèse aujourd’hui des milliards de dollars. Pour le grand public, elle se résume surtout en une musique particulière, le rap, juteux concentré stéréotypé de violences, de fric et/ou de cul. Le mouvement hip hop porte-t-il toujours en lui la révolte qui l’a fondé à la fin des années 1970 ?
Conscience sociale et décalage horaire
Alain Lapiower
Dans leur écriture, les rappeurs n’ont pas attendu la crise des subprimes en 2007 pour dénoncer discriminations, racisme et injustices. Agitateurs sociaux, ces artistes ne sont pas forcément porteurs d’un programme politique du genre "Un autre monde est possible". Il leur arrive même de parler d’amour.