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Avril 2015 | n° 325
Radical libre
Etre radical libre, c’est oser poser toutes les questions au delà des tabous, en toute liberté de penser, sans rejeter la responsabilité sur l’un ou l’autre.Sans jugement, ni accusation, ni victimisation, ni déni. Ceci n’est pas un mode d’emploi "contre djihadisme", mais des propositions à construire pour vivre ensemble. Et surtout faire ensemble.

Sommaire
[Édito] Radical libre
Nathalie Caprioli
Comment écrire un dossier sur le phénomène de djihadisme sans passer par les mots "radicalisation" et "déradicalisation" ? Et aussi, pourquoi essayer de les éviter ? Ces mots en soi ne nous font pas peur. Par contre, tout ce qui gravite autour, dans le jeu des interactions sociales et des interprétations de chacun, dans un contexte de suspicion…, tout cela n’aide pas à apaiser le discours. Car ces termes posent des étiquettes, à partir souvent d’une apparence ou d’une présumée appartenance. Des étiquettes sur des jeunes, sur des familles, sur une population musulmane hétérogène et bien plus intégrée qu’on ne le dit. Admettre cette diversité peut-il aider à un dialogue plus serein, à un débat où il n’y aurait pas que deux postures possibles ?
Enrayer la machine doctrinale
Ani Paitjan
Des colonnes de journaux aux plateaux télé en passant par les discours de politiques, "radicalisation" et "djihad" occupent une place quotidienne dans les esprits. Face à cette situation, les gouvernements tâtonnent pour trouver des solutions.  Comment prévenir cette dérive ou comment en guérir lorsque le mécanisme est déjà en marche? Que faire pour démystifier le phénomène et freiner l’engrenage idéologique ?
Le ravissement des âmes damnées
Alexandre Ansay
De quelles violences de société les conduites radicales se font-elles l’écho ? Nous privilégions l’hypothèse de la capture sectaire car envisager ces personnes comme des "proies" nous permet de mieux comprendre ce que nous pouvons leur offrir : non pas un remède mais une proposition à construire. Au centre de cette proposition se tient une invitation à travailler sur les attachements, ce qui nous amène à considérer cette forme de radicalisme comme une manifestation contemporaine des pathologies de l’appartenance.
Une minute de cris, pourquoi pas ?
Ani Paitjan
Après le 7 janvier, des enseignants sont restés seuls et ont eu parfois du mal à affronter leurs classes déchirées entre questionnement, stigmatisation et colère. Gérer la violence n’est pourtant pas le rôle de l’école. Sa raison d’être devrait graviter autour d’un seul axe : "apprendre à donner soif" comme le disait Célestin Freinet. Facile à dire quand des élèves vous accueillent avec des quenelles à la Dieudonné et des "dommage qu’ils n’y sont pas tous passés en 42" !
[+] Liberté
Par les 4e et 6e de Victor HORTA
Supplément au dossier
 
Suite aux tueries de Charlie Hebdo le 7 janvier dernier, les questions et remarques ont fusé de toutes parts et sans tabou dans la classe de Catherine François. Le professeur de français a voulu canaliser l’énergie de ses élèves dans un projet artistique. Ensemble, ils ont composé un slam en l’honneur de la liberté d’expression. 
Les ressorts de la théorie du complot
Jérôme Jamin
L’analyse des théories du complot montre qu’elles possèdent souvent une solide cohésion interne et que, loin d’être totalement absurdes, elles obéissent à une grammaire d’un genre particulier qui n’exclut en rien certains raisonnements logiques. Décodage avec Jérôme Jamin, auteur de L’imaginaire du complot. Discours d’extrême droite en France et aux Etats-Unis.
Citoyen, mais encore ?
Michael Privot
Si le mouvement antiraciste s’avère incapable de s’aligner sur un cahier de revendications communes, il est vain d’espérer mettre en mouvement la société dans sa diversité. La stratégie d’ENAR, réseau européen contre le racisme, s’appuie sur cette évidence. Elle développe des actions transversales et intercommunautaires, tout en créant des espaces où diverses organisations antiracistes peuvent se rencontrer et générer des synergies.
Descendre dans l’arène du débat
Entretien avec Youssef Seddik
Libre penseur musulman tunisien, Youssef Seddik [1] voudrait que le débat sur l’islam s’ouvre "à n’importe quel citoyen armé de bon sens". Pour cultiver ce bon sens, le philosophe anthropologue appelle les musulmans à inscrire le Coran dans le XXIe siècle, et à remettre en question la tradition qu’il qualifie de "fenêtre aveugle sur la parole révélée". Une révolution en marche ?
[+] Descendre dans l’arène du débat
Entretien avec Youssef Seddik
Supplément au dossier
 
Libre penseur musulman tunisien, Youssef Seddik1 voudrait que le débat sur l’islam s’ouvre « à n’importe quel citoyen armé de bon sens ». Pour cultiver ce bon sens, le philosophe anthropologue appelle les musulmans à inscrire le Coran dans le XXIe siècle, et à remettre en question la tradition qu’il qualifie de « fenêtre aveugle sur la parole révélée ». Une révolution en marche ?
Plaidoyer pour une troisième voie
Entretien avec Abdennour Bidar
Philosophe de la religion et aussi animateur de l’émission Cultures d’islam sur France Culture, Abdennour Bidar a le verbe à la fois décomplexé et bienveillant. Cet auteur prolifique signe un Plaidoyer pour la fraternité où il appelle musulmans comme non musulmans à "se responsabiliser sans accuser".
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